L’avent: une liturgie pour attendre le Sauveur
Une nouvelle année liturgique débute le premier dimanche de l’Avent.
Le terme “Avent” provient du latin adventus qui signifie “venue, avènement” : il désigne ainsi l’avènement de Jésus, à travers sa naissance, à Noël, mais également à travers son retour glorieux, à la fin des temps.
La liturgie de l’Avent est spécifique puisqu’il s’agit d’un temps de préparation et d’attente. L’Église utilise ainsi une couleur liturgique particulière, le violet, signifiant la pénitence. Le troisième dimanche de l’Avent est célébré avec la couleur rose, signifiant la joie : il est déjà un prélude à l’allégresse de Noël !
Une seconde particularité est que le Gloria – chant des anges – n’est plus entonné à la messe dominicale, car il est réservé à la nuit de Noël.
Symboles du temps de l’attente, plusieurs grandes traditions sont honorées par les chrétiens durant le temps de l’Avent : la crèche de Noël, la couronne et le calendrier de l’Avent.
La Couronne de l’Avent
C’est au XVIe siècle que la couronne de l’Avent est apparue pour la première fois. Inspirée par la couronne de Sainte-Lucie, la couronne de l’Avent représente le symbole de l’espérance des chrétiens qui se préparent, au cours de cette période, à l’arrivée du Christ.
En effet, Sainte-Lucie (dont le nom est dérivé du latin lux, « lumière ») est fêtée le 13 décembre et sa célébration marque, traditionnellement, le premier jour à partir duquel le soleil se couche plus tard. Jusqu’à la réforme du calendrier de 1582, la Sainte-Lucie coïncidait notamment avec le solstice d’hiver et le retour progressif de la lumière. Intégrées au rituel chrétien de l’Avent, la couronne et les bougies allumées chaque dimanche précédant Noël symbolisent le retour de la lumière spirituelle, incarné par la naissance de Jésus. Autrement dit, l’avènement du messie annoncé par les prophètes.
Traditionnellement de couleur rouge (symbolique du feu et du soleil) elles peuvent aussi par leur couleur violette et rose rappeler les couleurs liturgiques.
Le symbole des 4 bougies
La tradition invite, chacun de ces dimanches, à allumer une bougie. Ainsi, le premier dimanche de l’Avent, on allume une bougie. Le deuxième dimanche, deux bougies ; le troisième dimanche, trois bougies. Et le quatrième dimanche, les quatre bougies sont allumées : plus on approche de Noël et plus la lumière devient intense.
Pour nous chrétiens, les quatre dimanches ou bougies représentent les quatre étapes du salut du monde. Ainsi, à chaque bougie allumée, nous sommes invités à prier sur un thème spécifique :
- Le premier dimanche symbolise le pardon accordé à Adam et Ève
- Le deuxième dimanche symbolise la foi d’Abraham et des patriarches à avoir cru en Dieu et en la Terre promise
- Le troisième dimanche symbolise la joie de David dont la lignée ne s’éteindra pas et donc le témoignage de l’Alliance avec Dieu
- Le quatrième dimanche symbolise l’enseignement des prophètes qui annonce l’avènement d’un règne empreint de justice et de paix.
Au-delà de sa nature ludique et de ses surprises, le calendrier de l’Avent conserve une signification spirituelle pour beaucoup. Chaque fenêtre ou porte ouverte représente un pas symbolique vers la lumière et la joie de Noël, rappelant l’importance de l’attente, de la gratitude, et de la générosité pendant cette saison festive.
Les calendriers de l’Avent modernes, bien qu’éloignés de leurs origines pieuses, continuent de capturer cette magie de l’attente et de rappeler la valeur des moments partagés.
Une invitation intérieure à accueillir le Christ
Durant ce temps de l’Avent, nous pouvons vivre ce temps de l’Avent suivant quatre thèmes:
L’attente
Nous en faisons chaque jour de multiples expériences. Dans le verbe « attendre », il y a le mot « tendre » vers ; ce qui signifie élan, mouvement et dynamisme. Pendant l’avent, nous allons à la rencontre de Celui qui vient, mais Dieu attend aussi une attitude de notre part. L’attente est réciproque.
La vigilance
L’attente s’accompagne souvent d’attention et de vigilance. Dans les monastères, un office de nuit porte le nom de « vigiles ». Des femmes ou des hommes consacrés à Dieu veillent sur nous par leur prière : contemplation et compassion. Nous pouvons prier de même pour que le monde s’oriente vers la vie, en développant la vigilance de l’esprit et du coeur.
Le désir
L’étymologie de ce mot est parlante : desiderium, le préfixe de exprime l’absence et sidus signifie étoile, comme dans sidéral. A Noël, nous trouverons l’étoile éclairante qui nous manque, en compagnie des mages de l’Epiphanie! Ces personnages venus de loin, guidés par l’étoile du Messie israélite jusqu’à la crèche de Bethléem de Judée.
La patience
Nous aimons voir advenir ce que nous attendons : de la justice, de l’esprit de communion. L’enfant exige que son désir soit exaucé dans l’instant. Or la vie est un cadeau dont il faut savoir remercier Dieu chaque jour. L’adulte a appris que la patience signifie maturité et de maîtrise de soi. C’est ainsi que se manifeste une forme de respect du rythme des autres.
Parcourons alors le temps de l’avent avec foi, espérance et amour !
