Les éditos du père Luc

Sur le thème retenu pour l’année pastorale qui nous conduira en juin prochain par l’Equipe Pastorale de Secteur, le père Luc Mazola nous propose au fil des dimanches ses réflexions à partir de sa lecture des textes du jour.

Nous collectons ainsi au fil des dimanches les textes qui constituent ses éditos publiés dans la lettre hebdomadaire d’information.

Dimanche de la Parole – 3ème dimanche du temps ordinaire

Notre fierté est dans le nom du Christ…

L’exhortation de Paul aux chrétiens de Corinthe nous rejoint avec une force particulière.
C’est une communauté jeune, vivante, mais déjà traversée par les rivalités et les appartenances de clans. Certains se réclament de Paul, d’autres d’Apollos ou de Pierre. Paul s’en attriste profondément : “Le Christ est-il donc divisé ?”

Cette question nous parle encore aujourd’hui. Nous connaissons, nous aussi, les différences de traditions, de sensibilités, de pratiques. Nous pouvons être tentés de mettre en avant ce qui nous distingue plutôt que ce qui nous unit. Mais Paul nous ramène à l’essentiel : ce n’est pas un apôtre, un courant ou une culture qui nous sauve, mais le Christ. L’unité n’est pas une construction humaine : elle naît lorsque nous remettons le Christ au centre.

En ce Dimanche de la Parole, accueillons la Parole de Dieu comme la voix vivante du Seigneur qui nous rassemble, qui nous façonne, qui nous nourrit, qui nous convertit. Lorsque nous l’écoutons ensemble et la laissons descendre dans nos cœurs, elle devient un lieu d’unité profonde. Elle nous apprend à regarder dans la même direction, à marcher ensemble derrière le Christ.

Une communauté unifiée par la Parole devient un signe d’espérance pour le monde. Là où les divisions blessent, où les discours opposent, où les fractures s’élargissent, l’Église est appelée à témoigner d’une autre manière de vivre : celle de la communion, de la réconciliation, de la confiance.

Que la Parole que nous recevons nous rassemble, nous relève et nous envoie. Et que, là où nous serons cette semaine, nous puissions semer autour de nous les graines d’une espérance qui ne déçoit pas.
Semons la Parole de l’espérance !

2ème dimanche du temps ordinaire

Et si l’essentiel était dans le quotidien ?

Il nous arrive de vivre des moments extraordinaires. La naissance d’un enfant, par exemple, mobilise toute une famille : on y consacre son énergie, on partage la nouvelle, on reçoit visites, appels, félicitations et encouragements.
Mais vient toujours un moment où il faut revenir à l’évidence : accueillir cet événement dans la durée, l’intérioriser, le vivre jour après jour. C’est alors que l’on découvre que l’essentiel se joue dans le quotidien.

Après les fêtes de Noël, l’Épiphanie et le Baptême du Seigneur, nous reprenons le chemin du Temps Ordinaire. L’Église nous invite maintenant à savourer intérieurement ce que nous avons célébré : la disponibilité de Marie et Joseph, la simplicité de la crèche, la joie des bergers, la lumière de l’étoile, la quête des mages…

Nous avons vécu tout cela avec intensité, entourés de rites, de chants, de symboles. C’était beau, c’était extraordinaire ! Mais voici venu le temps de la fidélité humble : vivre notre foi de manière habituelle, quotidienne, ordinaire. Et cela n’a rien de banal ! Car c’est dans ce terreau discret que germe l’espérance.

La couleur verte du Temps Ordinaire nous le rappelle : elle symbolise la croissance, la vie qui se déploie lentement, nourrie par la sève de Dieu. Elle évoque cette période où les fidèles avancent dans l’espérance, se laissant transformer jour après jour par la Parole, sans éclat mais avec constance.

L’Évangile de ce dimanche nous donne la clé de cette espérance : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Jean-Baptiste nous montre Celui qui, par sa douceur et son don total, vient enlever ce qui alourdit nos vies.
En Le suivant, nous devenons à notre tour porteurs de lumière, semeurs d’une espérance qui ne déçoit pas.
Laissons-nous donc guider, jour après jour, par la lumière de Bethléem.
Que notre quotidien devienne le lieu où Dieu se dit, où l’espérance se sème, où la foi grandit.

Prenez bien soin de vous et de vos proches !

Le Baptème du Seigneur

« Tu es mon fils bien-aimé … »

Le baptême n’est pas un simple rite que l’on accomplit par habitude ou parce qu’« il faut le faire ». Le baptême touche le cœur même de notre existence. Il ne s’agit pas seulement d’entrer dans une tradition ou de cocher une case religieuse : le baptême, c’est Dieu qui nous rejoint et qui nous révèle qui nous sommes vraiment.
Dans les eaux du Jourdain, une voix se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » Ce moment bouleversant révèle Jésus comme le Fils, aimé du Père, rempli de l’Esprit.Mais ce qui est encore plus étonnant, c’est que ces paroles ne sont pas réservées à Jésus.

Par notre baptême, elles deviennent les nôtres. Dieu nous dit à chacun : « Je te connais par ton nom. Tu es précieux à mes yeux. Mon amour pour toi ne s’en ira jamais. » Ce n’est pas une image, ni un joli symbole. C’est la réalité profonde de notre foi : nous sommes ses enfants bien-aimés.
Cette identité change tout. Elle nous permet de vivre autrement : non plus à la merci du mal ou du découragement, mais dans une relation vivante avec Dieu et avec nos frères.

Être enfants de Dieu, c’est notre défi quotidien. Et cela passe souvent par des gestes très simples :
      • un regard d’affection pour celui qui ne parvient plus à s’aimer
      • un geste de solidarité envers celui qui manque de tout,
      • une démarche de pardon envers celui qui nous a blessés ou que nous avons blessé.
Voilà comment notre baptême prend chair dans la vie de tous les jours.

En cette fête du Baptême du Seigneur, laissons résonner en nous cette parole qui nous fonde : « Tu es mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »
Qu’elle nous donne confiance.
Qu’elle nous aide à vivre en frères et sœurs.
Et qu’elle fasse de nous, là où nous sommes, une graine d’espérance semée dans le cœur du monde.
Bonne fête à tous !

 

Dimanche de l’Epiphanie

« Nous avons vu son étoile à l’orient … »

L’Épiphanie, à travers la figure des trois mages, nous rappelle que le chrétien est un être en marche : un pèlerin de l’espérance. Les mages ont d’abord « vu se lever son étoile », puis ils ont « levé les yeux », et enfin ils se sont mis en route.
Leur chemin devient pour nous une invitation : celle de chercher la lumière et de nous laisser guider par elle. Lever les yeux… voilà peut-être ce qui nous manque parfois. À force d’être trop terre à terre, nous risquons de ne plus voir ce qui se vit de beau chaque jour.
Le manque d’élan, de perspective ou d’enthousiasme peut conduire certains à désespérer d’un monde différent. L’horizon se brouille, les événements nous dépassent, et l’espérance semble s’éloigner.
Pourtant, une étoile s’est levée. Osons lever les yeux. Osons aller plus loin, toujours plus haut. Ne cédons pas au découragement. Souvenons-nous : Dieu croit en l’homme au point de se faire enfant. Il ne se cherche pas ailleurs que dans notre histoire quotidienne, là où il se tient humblement, patiemment, discrètement.
En cette année où nous voulons être semeurs d’espérance, accueillons cette lumière qui ne déçoit pas. Laissons-la éclairer nos pas, renouveler notre regard et féconder nos gestes les plus simples.
« L’espérance ne déçoit pas. Semons-la ! »
Bonne fête de l’Épiphanie !

Dimanche de la Sainte Famille

L’Esprit Saint, source d’une famille harmonieuse

En ce dimanche dédié à la Sainte Famille, l’Évangile nous invite à tourner notre regard vers le foyer de Nazareth. Une famille semblable à tant d’autres, confrontée à l’exil, à l’incertitude et aux imprévus. Une famille qui doit fuir, se cacher et reconstruire ailleurs. Une famille qui avance, non pas en maîtrisant tout, mais en faisant confiance.
C’est pourtant dans cette fragilité qu’opère silencieusement l’Esprit Saint. Car la santé d’une famille repose non seulement sur l’équilibre humain, mais aussi sur la présence de l’Esprit. Il est la source d’une famille harmonieuse, celle qui sait accueillir, pardonner, se relever, recommencer et espérer…

En contemplant Jésus, Marie et Joseph, trois attitudes se dessinent pour nourrir nos familles, nos amitiés et nos communautés :
accueillir, à l’image de Marie qui ouvre son cœur à la nouveauté de Dieu ;
protéger, à la manière de Joseph qui discerne, écoute et agit avec courage ;
et grandir, comme Jésus qui avance « en sagesse, en taille et en grâce », jour après jour.

À l’aube de cette nouvelle année, nous remettons entre les mains du Seigneur nos familles, nos projets, nos fragilités et nos aspirations.
Que 2026 soit pour chacun une année de paix intérieure, de croissance et de lumière.
Que l’Esprit Saint inspire nos relations, éclaire nos décisions et habite nos gestes quotidiens.
À l’exemple de la Sainte Famille, permettons à l’Esprit de faire de nous des semeurs d’espérance là où nous vivons, travaillons et prions.
Bonne et heureuse année 2026 !

4ème dimanche de l’Avent

Réjouis-toi de la vie comme d’un cadeau que Dieu te fait chaque jour!

La naissance de Jésus est toute proche.
Un visage nous est donné à contempler : celui de Marie, l’humble jeune fille de Nazareth, qui porte en elle l’enfant de la promesse. Son nom sera Emmanuel : « Dieu-avec-nous ». Quelle merveille !

Marie a accueilli la volonté de Dieu, même si tout n’était pas clair pour elle. Son cœur a été bousculé par les événements : la surprise de l’Annonciation, l’empressement de la Visitation… Et pourtant, de ce qui semblait impossible, Dieu a fait surgir une espérance.

Faire la volonté de Dieu, c’est accueillir notre vie telle qu’elle est aujourd’hui. Non pas celle dont nous rêvons, ni celle d’hier ou de demain, mais celle que Dieu nous offre, jour après jour, comme un cadeau. C’est dans cette vie-là, la nôtre, que Dieu vient demeurer.

En ce quatrième dimanche de l’Avent, ouvrons notre cœur comme Marie. Laissons Dieu grandir en nous. Le secret d’un beau Noël est peut-être là : recevoir le bonheur que Dieu nous donne… et choisir, à notre tour, d’en semer autour de nous.

À quelques jours de la fête, je vous souhaite un très joyeux Noël, rempli de paix, de lumière et d’espérance.

3ème dimanche de l’Avent – Dimanche de la joie

Semer l’espérance !

Le troisième dimanche de l’Avent est celui de la joie.

Pourtant, l’Évangile nous montre Jean Baptiste dans le doute, enfermé en prison,  se demandant si Jésus est vraiment celui qu’il attendait. Sa question résonne encore aujourd’hui : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Il nous arrive aussi de douter…

Quand la violence éclate, que les injustices grandissent, ou que nos familles et nos sociétés se divisent, nous nous demandons : « Où est Dieu ? » 
Mais Jésus ne répond pas par de grands discours. Il agit : les aveugles voient, les boiteux marchent, les pauvres entendent la Bonne Nouvelle.

Ces signes montrent que l’espérance est déjà là, même si elle n’a pas encore pris toute son ampleur. Saint Jacques nous invite à la patience du cultivateur.
Dieu ne nous donne pas des fruits tout prêts, mais des graines de justice, de pardon, de réconciliation et d’amour. À nous de les planter, de les arroser et de les protéger.

Nous sommes appelés à être ces semeurs d’espérance dont le monde a tant besoin.

En ce dimanche de l’Avent, la joie ne vient pas d’un monde parfait, mais de la certitude que Dieu agit déjà au milieu de nous. Il marche avec nous dans nos déserts et éclaire nos nuits. Il nous confie une mission essentielle : faire grandir l’espérance. Devenons donc des semeurs d’espérance, car c’est elle qui prépare nos cœurs à rencontrer Dieu à travers nos frères et sœurs en humanité.

Que la joie de l’Avent illumine vos cœurs sur le chemin vers Noël !

2ème dimanche de l’Avent

Se convertir pour semer l’espérance !

Combien de fois l’appel à la conversion résonne dans la Bible !

Inlassablement, Dieu nous invite à revenir vers Lui, à emprunter le chemin qui mène à la vie véritable. Dans l’Évangile de ce dimanche, Jean Baptiste clame : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ! » (Mt 3,2)
La conversion est avant tout un mouvement intérieur, une ouverture à la tendresse divine qui transforme notre cœur.
C’est faire le choix de la vie, se laisser relever et guider par l’amour du Christ. C’est répondre à l’appel d’un Père bienveillant qui ne condamne pas mais aime, relève et offre la paix.
Se convertir, c’est croire en la possibilité d’une lumière qui surgit, même dans nos nuits les plus sombres.
C’est poser des gestes simples mais porteurs de sens et de vie : offrir son pardon, tendre une main,  prononcer des paroles qui apaisent. Comme l’annonçait Isaïe : « Un rameau surgira de la souche de Jessé… » (Is 11,1)

Là où nous voyons désolation et désert, Dieu fait jaillir une vie nouvelle.
Saint Paul nous le rappelle : « tout a été écrit pour que nous ayons l’espérance. » (Rm 15,4). Tel est le fruit de la conversion : non pas susciter la peur, mais engendrer confiance et sérénité. En acceptant d’être transformés, nous devenons à notre tour porteurs et semeurs d’espérance dans un monde en quête de sens.

En ce temps de l’Avent, accueillons la conversion comme une grâce offerte. Ayons le courage de tourner nos regards et nos vies vers Dieu, pour qu’Il fasse de nous des artisans d’espérance, capables de répandre autour de nous la lumière vivifiante du Christ.

Que ce temps de l’Avent soit pour vous une période emplie de ferveur et de lumière.

1er dimanche de l’Avent

Semer l’espérance, est ce une idée étrange ?

Le temps de l’Avent est là !

Durant cette période, la couleur liturgique est le violet, symbole de préparation à la rencontre avec le Christ. Nous nous apprêtons à accueillir Jésus, porteur d’un message de paix, dévoilé dans toute sa splendeur au cœur de la nuit de Noël : « et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Luc 2,14).

Malgré les tumultes qui agitent nos esprits et perturbent notre quotidien, ouvrons grand nos cœurs à l’arrivée du Seigneur. L’Avent est une période jalonnée d’espérance, de conversion et d’attention.  Ce n’est pas un simple rituel mais une véritable invitation à laisser la lumière de Dieu transformer profondément nos vies.

L’espérance : Nous aspirons à ce que la Lumière éclaire le monde entier ! Jésus nous invite à devenir nous aussi des éclats de lumière : des semeurs de paix, de pardon, de joie, d’amour et de tendresse au sein de notre entourage. Une mission noble et exigeante, qui va bien au-delà d’un simple divertissement.

La conversion : Nous souhaitons voir la Lumière grandir en nous et autour de nous ! Pour cela, il est nécessaire d’aplanir les obstacles dans nos vies, d’écarter tout ce qui est source d’obscurité ou d’ombre, afin de laisser jaillir la clarté enfouie en nous. Cette lumière pourra ainsi rayonner et illuminer ceux qui nous entourent. C’est en nous purifiant de cette manière que nous serons prêts à accueillir pleinement le don de paix que Dieu veut déposer en nos cœurs.

L’attention : Il est important d’apporter soin et apaisement à nos vies, pour leur permettre de fleurir dans une direction plus généreuse. Une fois en harmonie avec nous-mêmes, nous serons à même de prendre soin des autres. La paix que nous recevons est un trésor à partager.

 Les lectures des dimanches de l’Avent nous encouragent à veiller, à changer nos cœurs et nos priorités pour accueillir l’Esprit Saint dans nos vies. Elles nous préparent intérieurement pour faire place à Celui qui vient : le Seigneur, Prince de la Paix.

Alors, semons l’espérance ! Que ce temps de l’Avent soit pour chacune et chacun un chemin éclairé par la lumière, empli de joie et porteur d’une paix contagieuse et partagée.

Fête du Christ Roi

Avec le Christ Roi, baptisés pour servir.

La célébration de la fête du Christ Roi marque la fin de l’année liturgique. Après avoir parcouru l’Évangile selon saint Luc durant l’année C, nous nous apprêtons à entamer un nouveau cycle consacré à celui de Matthieu,correspondant à l’année A. Cette solennité met en lumière un paradoxe : le règne de Christ ne repose ni sur la puissance ni sur la domination, mais sur l’humilité du serviteur. Sur la croix, il s’est offert par amour, établissant une royauté fondée sur le service.

Par le sacrement du baptême, nous sommes appelés à participer à cette mission : régner en servant et semer l’espérance à travers les gestes simples de notre quotidien.

Le thème de l’année – Semeurs d’espérance – prend ici toute sa signification profonde : suivre le Christ Roi, c’est croire que l’espérance naît dans la fragilité et que le Royaume se construit dans le don humble de soi. Ainsi, la fin de l’année liturgique n’est pas une conclusion, mais une étape vers un renouveau. C’est une invitation à revisiter le chemin parcouru et à repartir, confiants, vers un nouvel Avent.

Pour entamer cette nouvelle année liturgique en pleine confiance et clôturer l’année jubilaire, nous sommes tous invités au pèlerinage de Longpont. Ce moment sera l’occasion de franchir la Porte Sainte et d’accueillir la miséricorde de Dieu.

Le Christ Roi est le Serviteur qui nous ouvre la voie. À sa suite, nous avançons comme baptisés, envoyés à notre tour pour devenir semeurs d’espérancedans ce monde en quête de sens.

Bonne fête du Christ Serviteur

33ème dimanche du temps ordinaire

Entre peur et espérance

La Parole de Dieu de ce dimanche nous plonge au cœur d’un paradoxe :
D’une part, Jésus évoque des temps troublés, empreints de peur et d’incertitude.
D’autre part, il offre une promesse éternelle : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Nous avons tous traversé des moments où la peur semblait prendre le dessus : l’angoisse face à l’avenir, la peur de l’échec ou celle de ne pas être à la hauteur. Pourtant, l’Évangile nous exhorte à ne pas nous enfermer dans cette spirale de frayeur.  L’espérance chrétienne n’est pas synonyme de naïveté : elle affirme que Dieu est présent au cœur de nos luttes et qu’il nous soutient par sa fidélité inébranlable. La persévérance dont parle Jésus ne se réduit pas à une simple endurance stoïque. Elle prend la forme d’une confiance fidèle : avancer, pas après pas, en choisissant chaque jour de croire que l’amour est plus fort que la haine, et que la lumière est plus forte que les ténèbres.

Ainsi, entre peur et espérance, le disciple est invité à marcher avec courage. Non grâce à ses seules forces, mais en s’appuyant sur la promesse du Christ : rien de ce qui est vécu dans la fidélité ne sera vain… ni nos gestes de solidarité, ni nos engagements envers les plus vulnérables. Tout cela a un sens. La fraternité est source de vie…

Gardons en mémoire ces paroles réconfortantes : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » Elles nous rappellent qu’au-delà des épreuves comme des joies, une espérance fidèle nous soutient et ne déçoit jamais.  

Soyons artisans d’espérance !

Dédicace de la basilique du Latran

Semeurs d’espérance au sein d’une Église vivante

En ce dimanche 9 novembre, l’Église célèbre la dédicace de la basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale du pape et mère de toutes les Églises à travers le monde.  Cette fête nous rappelle avant tout que l’Église est une communauté vivante : le peuple de Dieu uni dans la prière, en marche vers le Royaume.

L’Évangile du jour met en scène un moment marquant : Jésus chassant les marchands du Temple. Ses paroles résonnent avec puissance : « Cessez de faire de la maison de mon Père un lieu de commerce ! » (Jean 2,16). Ce geste fort dévoile une vérité essentielle : le Temple est un lieu sacré, destiné à la rencontre avec Dieu, et non un espace marchand.

Jésus va encore plus loin en déclarant : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jean 2,19). Ses disciples ne comprendront que plus tard qu’il faisait référence à son propre corps. Avec ces paroles, il révèle que le véritable Temple est sa personne, et qu’à travers lui, chaque croyant devient une pierre vivante de l’édifice spirituel qu’est l’Église… quelle merveille !

Être une pierre vivante, c’est semer autour de soi des graines d’espérance. Cela passe par la prière, par l’écoute attentive des autres, par des gestes de paix et de fraternité. C’est contribuer à la construction d’une Église qui rayonne, qui accueille, qui console et qui porte l’espérance.

Cette célébration nous invite à une réflexion profonde : quelle place donnons-nous à Dieu dans notre quotidien ? Sommes-nous des pierres vivantes ouvertes à sa présence ou des murs clos, préoccupés par nos propres affaires ?

Que cette fête nous pousse à transformer notre vie en sanctuaire où le Christ demeure. Ensemble, bâtissons une Église vivante, accueillante et fidèle à l’Évangile.Tout au long de cette année, engageons-nous à être des semeurs d’espérance dans un monde en quête de lumière et de sens.

Fête de la Toussaint – La sainteté au quotidien

La sainteté n’est pas un idéal réservé à quelques privilégiés. C’est un chemin accessible à tous, souvent discret, parfois jalonné de défis, mais toujours possible. Elle prend racine là où l’amour s’exprime : dans un geste de pardon, une parole apaisante, une présence constante.

À travers l’histoire, l’Église a mis en lumière des figures de sainteté éclatante. Cependant, la fête de la Toussaint nous invite à regarder plus largement. Elle nous rappelle cette multitude de témoins anonymes, ces « saints de la porte d’à côté » évoqués par le pape François. Ce sont des parents, des amis, des collègues ou des bénévoles. Leur vie, bien que simple et sans éclat particulier, se distingue par leur bonté, leur patience, leur foi et leur charité.

Être saint ne signifie pas accomplir des exploits exceptionnels, mais vivre avec fidélité et amour l’Évangile dans la simplicité du quotidien. Devenir saint, c’est œuvrer pour l’autre, semer des graines d’espérance au cœur du monde.

Dans le livre de l’Apocalypse, Jean entend une interrogation : “Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ?” Et la réponse éclaire : “Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau.” Aujourd’hui encore, des soignants, des enseignants, des artisans de paix suivent ce sentier lumineux. Ils rappellent que la sainteté est un appel universel, une guérison intérieure qui éclaire le monde. Ils sèment l’espérance !

30ème dimanche du temps ordinaire

La parole de Dieu de ce dimanche nous invite à une profonde transformation intérieure. Elle nous parle de prière, mais d’une prière particulière : celle qui naît d’un cœur humble, celle du pauvre, du blessé, du discret.

Dans l’Évangile, Jésus illustre ce propos à travers la parabole du pharisien et du publicain. L’un s’exalte, l’autre s’efface. L’un cherche à se mettre en avant, l’autre s’abaisse. Et pourtant, c’est le second qui ressort justifié. Pourquoi ? Parce qu’il a eu le courage de se présenter tel qu’il est, sans masque ni fausse apparence, mais avec une confiance authentique.

Dans une société dominée par les apparences et la quête de performance, cette parabole résonne comme une bouffée d’air pur. Elle nous rappelle que Dieu n’est pas sensible à nos titres, nos succès ou nos discours bien rodés. Il sonde nos cœurs et y perçoit la vérité dans toute sa simplicité, cette vérité parfois tremblante, mais animée d’espérance.

Que nous soyons croyants engagés ou en simple quête de sens, cette liturgie nous tend la main avec bienveillance. Elle nous invite à venir comme nous sommes, car la véritable rencontre avec Dieu commence dans l’humilité, dans le cri sincère du cœur, dans un regard qui ne juge pas, mais qui élève.

Ce dimanche, nous sommes invités à prier non pour paraître, mais pour réellement rencontrer. Nous sommes appelés à semer l’espérance par nos relations, nos regards et nos gestes simples. Car chaque rencontre peut se transformer en une grâce, si elle est vécue avec humilité et amour.

29ème dimanche du temps ordinaire

Ce dimanche, la liturgie nous invite à lever les yeux… Ces mots, empreints à la fois de simplicité et de profondeur, nous rappellent que notre soutien ne puise ni dans nos propres forces ni dans les puissances terrestres, mais dans le Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Dans un monde souvent balayé par l’incertitude, les conflits, et les épreuves à la fois personnelles et collectives, ce psaume nous invite à lever les yeux vers les cieux. Il nous encourage à dépasser nos enfermements, à retrouver l’élan qui nourrit notre foi.

À l’image de Moïse priant sur la montagne, mains levées pour soutenir son peuple en plein combat, nous sommes appelés à devenir des intercesseurs, des gardiens vigilants et des porteurs d’espérance. Le Seigneur ne dort pas, ne sommeille pas. Toujours présent, il reste un gardien fidèle, une ombre protectrice, un compagnon de chaque moment de nos vies. Il veille sur chacun de nos départs comme de nos retours, aujourd’hui comme à jamais.

Cette promesse est un réconfort pour les cœurs épuisés, une lumière dans les chemins obscurs que nous empruntons. En cette semaine missionnaire mondiale, tournons nos regards vers ces montagnes où tant de nos frères et sœurs luttent pour leur dignité, la paix ou encore leur liberté religieuse.

Que notre prière leur soit un soutien, que notre foi les atteigne et que notre espérance éclaire leur chemin.

28ème dimanche du temps ordinaire

Cheminer avec Dieu dans la vie, c’est accepter de marcher à ses côtés au milieu de nos fragilités.

 Tout comme les lépreux de l’Évangile, nous découvrons qu’en chemin quelque chose opère en nous : nos blessures s’apaisent, nos cœurs s’ouvrent, et notre vie trouve la réconciliation. Dieu n’intervient pas toujours d’un geste instantané pour tout transformer, mais Il chemine avec nous, Il nous relève, et Il nous fait goûter à une vie plus véritable, plus profonde.

 En ce dimanche, la Parole nous invite à revenir sur nos pas, à nous rappeler les instants où nous avons été sauvés, relevés, réconciliés. Chaque fois que nous avons fait preuve de confiance, Dieu a agi. Pourtant, il arrive que nous oubliions cela.

 Le Samaritain, lui, ne l’a pas oublié. Il retourne vers Jésus, non pour demander davantage, mais pour exprimer sa gratitude. Il reconnaît que sa guérison est un cadeau gratuit, une manifestation de l’amour divin. Il comprend que le salut dépasse la simple santé retrouvée : il est avant tout la rencontre avec le Christ, le choix d’un abandon confiant entre Ses mains.

 Et nous ? Sommes-nous capables de remercier ? Avons-nous ce réflexe de gratitude ? Ou sommes-nous comme les neuf autres, rapides à demander mais lents à remercier ? L’espérance germe dans les cœurs emplis de reconnaissance. Elle pousse dans les gestes simples : dire merci, prier avec sincérité, participer à l’eucharistie sans esprit calculateur.

Semer l’espérance, c’est apprendre à discerner la présence de Dieu dans le quotidien de nos vies. C’est aussi transmettre à nos enfants l’importance de remercier dans leurs prières du soir. C’est célébrer non dans une logique de recevoir, mais avec le désir profond d’offrir. C’est honorer nos proches tant qu’ils sont encore parmi nous, plutôt que d’attendre leur absence pour le faire.

Aujourd’hui, prenons le chemin et tournons-nous à nouveau vers le Christ avec un cœur rempli de gratitude. C’est sur ce chemin que naît la foi qui sauve, et c’est là que l’espérance vient s’enraciner solidement.

Augmente en nous la foi ! 27ème dimanche du temps ordinaire

Le simple fait d’observer le monde autour de nous peut parfois susciter un vertige : la violence, l’injustice, les revendications face à ces injustices, la solitude, la fatigue… Tout paraît en ébullition, donnant cette sensation désagréable de ne pas être entendu. Cela fait mal !

Alors, à l’image du prophète Habacuc, nous crions vers Dieu : « Jusqu’à quand, Seigneur ? »

Ce cri n’est pas le signe d’un manque de foi, mais au contraire celui d’une foi vivante, audacieuse, une foi qui interpelle Dieu, s’interroge sur le sens de la vie et refuse la résignation. Et Dieu répond, non pas avec des solutions toutes faites, mais par une invitation: croire, espérer et persévérer. Ne serait-ce pas un appel à semer l’espérance autour de nous ? Ce dimanche, la liturgie nous rappelle que la foi n’est pas une prouesse spirituelle.

Elle est une confiance profonde, une force intérieure et une humilité dans l’accomplissement du service. Silencieuse, elle transforme les cœurs de manière tangible. Sans chercher les miracles, elle rend pourtant l’impossible accessible. Alors, reprenons avec les apôtres cette prière essentielle et pleine de simplicité : « Seigneur, augmente en nous la foi ! »

Une foi qui ne fuit pas les défis du réel, mais les traverse avec espérance.
Une foi qui ne se calcule pas, mais se vit pleinement.
Une foi capable de déraciner le moi centré sur lui-même pour le conduire vers l’amour vrai.

Être semeurs d’espérance, c’est croire qu’une foi minuscule peut briser nos chaînes de peur et faire grandir l’amour là où le monde ne voit que des ombres de désespoir.

Semons l’espérance !

26ème dimanche du temps ordinaire

L’Évangile de ce dimanche nous interpelle sur une question essentielle : qui prenons-nous vraiment le temps de voir ?
Lazare, pauvre et souffrant, reste invisible aux yeux du riche. Non pas parce qu’il a été rejeté, mais simplement parce qu’il a été ignoré. Dans un monde où les images, les bruits, les sollicitations et les informations nous envahissent, l’indifférence devient une tentation quotidienne. Pourtant, l’espérance naît lorsque nous décidons de regarder, d’écouter, et d’ouvrir nos mains pour accueillir…

Être semeurs d’espérance, c’est refuser de détourner le regard… c’est croire que chaque geste de bonté est une graine prête à faire éclore une vie nouvelle.
C’est reconnaître Lazare — en nous-mêmes et chez ceux qui nous entourent — lui rendre son nom, sa dignité et une place véritable au sein de notre communauté…

L’espérance se sème avec patience et humilité dans le quotidien de nos existences. Elle fleurit là où l’amour, le service et la foi persistent malgré les obstacles. Cette semaine, relevons ensemble ce défi : semer l’espérance là où elle fait défaut. À travers un regard bienveillant, un mot réconfortant ou simplement une présence attentive, nous pouvons transformer nos communautés en terres fertiles d’espérance, permettant à chacun d’y trouver sa place et de grandir à la lumière de l’Évangile.

25ème dimanche du temps ordinaire

L’Évangile de ce dimanche peut nous surprendre. Jésus raconte l’histoire d’un intendant astucieux qui, face à une situation critique, manipule les dettes de son maître pour se tirer d’affaire. Ce qui étonne, c’est que Jésus ne condamne pas cette ruse, mais semble la saluer. Intriguant, n’est-ce pas ?

Clarifions les choses : Jésus ne loue pas sa malhonnêteté, mais plutôt sa capacité à réagir, à anticiper, à se remettre en action avec audace. Et nous, dans notre vie chrétienne, sommes-nous tout aussi ingénieux et déterminés lorsqu’il s’agit de servir la cause de Dieu ?

Savons-nous innover, prendre des risques, explorer des voies nouvelles pour semer l’espérance autour de nous ? C’est là toute notre mission pour cette année : devenir des semeurs d’espérance, surtout là où le désespoir menace de s’installer.

Les textes bibliques de ce jour nous invitent aussi à réfléchir à notre responsabilité et à nos choix. Ils nous rappellent que nous sommes tous intendants d’un monde qui nous a été confié pour être partagé.
Alors, que faisons-nous de nos talents, de notre temps, de nos ressources ?
Sommes-nous des bâtisseurs d’espérance ou simplement des spectateurs passifs ?

Soyons des paroissiens fidèles et inventifs, des chrétiens qui ne se limitent pas à attendre passivement, mais qui agissent avec foi et enthousiasme pour semer les graines d’un monde plus juste, plus fraternel et plus lumineux. Investissons donc dans ce qui n’a pas de prix : la confiance, la solidarité et la paix. Que l’espérance fleurisse dans nos cœurs et au sein de nos communautés !

Fête de la Croix glorieuse

Cette année, l’équipe pastorale vous invite à relever un défi simple,  mais profondément transformateur : devenir des semeurs d’espérance

Il n’est pas nécessaire d’être théologien ou super-héros. Juste des personnes ordinaires, convaincues qu’au cœur de l’obscurité, une lumière peut jaillir. Cette lumière, c’est celle de la Croix Glorieuse. 
La Croix, ce symbole parfois difficile à accueillir, nous enseigne que la vie peut renaître  même là où tout semble perdu… Elle est le lieu du don total, du pardon offert et de l’amour plus fort que la mort.  Et c’est précisément dans cette vérité que se dessine notre mission : éclairer un monde souvent envahi par le doute, la peur ou l’indifférence en devenant semeurs d’espérance. Quel magnifique projet ! 

Semer l’espérance, c’est accomplir des gestes simples mais empreints de profondeur : prononcer une parole qui réconforte, offrir une écoute qui apaise ou manifester une présence rassurante. C’est croire avec audace qu’une rencontre, aussi ordinaire soit-elle, peut devenir un terreau fertile où Dieu agit discrètement mais avec une fidélité inébranlable. 

Être semeurs d’espérance signifie également accepter que les fruits de nos semailles ne soient pas toujours visibles.

À l’exemple du Christ sur la Croix, nous semons parfois dans des contextes de nuit, de douleur ou de confusion… Mais l’essentiel est de semer, d’avoir foi en ce processus et d’avancer ensemble, même à travers de petits pas. Que cette année soit pour nos communautés l’occasion de devenir un véritable jardin d’espérance. Que chacun, avec ses talents et ses fragilités, trouve sa place et sème à sa manière. 

L’Évangile ne nous demande pas d’être des héros, seulement d’avoir des cœurs ouverts et disponibles. Alors marchons côte à côte, le regard tourné vers la Croix Glorieuse et les mains débordantes de graines d’espérance.

Rentrée pastorale : prêts à construire ensemble ? – 23ème dimanche du temps ordinaire

C’est reparti pour une nouvelle année pastorale !

Prenons un instant pour nous poser une question fondamentale : pourquoi choisissons-nous de suivre Jésus ? On pourrait s’imaginer que cela va de soi, que c’est simple et tout tracé… mais en réalité, non. Il ne vend pas du rêve, Il ne cherche pas à plaire…
Lorsqu’une foule s’assemble autour de Lui, Il ne promet pas le bonheur facile… Au contraire, Il choisit la vérité brute : être Son disciple signifie Le placer au-dessus de tout… et accepter de porter sa croix. Suivre Jésus, ce n’est pas juste une belle idée : c’est un engagement total, un chemin qui demande tout notre cœur.

C’est exigeant, oui. Presque démesuré. Mais ce n’est pas une folie : c’est une invitation à une vie pleine de sens, une vie qui va au-delà du confort et du « chacun pour soi ». Jésus illustre cette démarche par une histoire : celle d’un homme qui réfléchit avant de bâtir une tour. Une parabole pleine de sagesse. Avant de s’engager dans cette construction, il s’assure d’avoir les ressources pour aller jusqu’au bout.

Nous aussi, en ce début d’année pastorale, sommes invités à nous poser la question : sommes-nous prêts à avancer ? Et si la réponse est « oui », même hésitante ou remplie de doutes, alors faisons ce chemin ensemble, à notre rythme.

Mon souhait pour cette nouvelle année ? Que chacun trouve sa place, prenne son élan et dise, à sa manière, « oui » au Christ. Vous êtes invités à cheminer avec les différents mouvements et services. Aucun besoin d’être parfait, mais simplement d’avoir le désir : le désir d’explorer, de partager, de prier…

Que notre paroisse continue d’être un lieu où l’on se soutient mutuellement, où la foi grandit et où l’amour sincère se vit et se construit. Au programme cette année : des rencontres enrichissantes, des moments forts, des projets motivants, des éclats de rire, et surtout beaucoup de foi. Nous sommes là pour vous accueillir, avec chaleur et bienveillance.

Solennité de saint Pierre, Saint patron de la paroisse d’igny

Cette année, la solennité de saint Pierre et saint Paul prend une résonance toute particulière : elle a lieu un dimanche, jour du Seigneur, au cœur même de notre vie chrétienne.
Saint Pierre et Saint Paul n’étaient pas parfaits…
Et pourtant, Dieu les a appelés. Pas parce qu’ils étaient prêts, mais parce qu’ils avaient le courage de dire oui et de se laisser transformer par l’Esprit Saint. Ce qui les unit profondément, ce n’est ni leur personnalité ni leur histoire, mais cette disponibilité intérieure face à une question que le Christ pose encore aujourd’hui :

« Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Il n’a pas tout saisi, mais il a offert son cœur. Quant à Paul, il répond par les actes après sa rencontre avec le Seigneur sur le chemin de Damas, Il laisse l’Esprit prendre le gouvernail de sa vie… il y a là matière à réflexion !
Comme Pierre et Paul, nous sommes invités à nous laisser enseigner par l’Esprit. À permettre à Dieu de bouleverser nos plans pour faire place aux siens. Et tout commence par cette question essentielle : « Qui est Jésus pour moi ? »

Cette fête est une invitation à l’audace. L’audace de la foi vécue par Pierre. L’audace de la mission portée par Paul. Et surtout, l’audace de se laisser guider.

Saint Sacrement du corps et du sang du Christ – « Le Corps du Christ, une communion à vivre »

Avec la solennité du Saint-Sacrement, nous contemplons le cœur de notre foi : le Corps et le Sang du Christ, donnés pour nous. Recevoir l’Eucharistie, c’est accueillir le Christ en nous,
oui — mais c’est aussi accueillir nos frères, avec leurs différences, leurs fragilités, leurs joies.

Ce Corps offert dépasse la simple hostie : il nous transforme, nous rassemble et fait de nous un seul Corps — le Corps du Christ.
Car, Jésus est le lien invisible qui fait de nous une famille. Voilà la force de l’Eucharistie : en recevant le Christ, nous sommes appelés à devenir le Christ. Elle nous pousse à dépasser nos égoïsmes, à briser nos divisions et nos méfiances, pour apprendre à vivre en communion. N’est-ce pas là un véritable miracle ?

Dans un monde traversé par une profonde crise de la communion — repli sur soi, isolement social, tensions permanentes — la fraternité chrétienne devient un témoignage lumineux.

Au sein de notre communauté, chaque sourire donné, chaque moment d’écoute sincère, chaque geste de pardon devient une Eucharistie en acte.
Alors en cette fête du Saint-Sacrement, demandons-nous : ma manière de vivre en paroisse reflète-t-elle le mystère que je reçois ? Suis-je un artisan de communion, un bâtisseur de paix, un frère ou une sœur qui ouvre son cœur ?

Que cette grâce nous habite et nous guide, pour que nous devenions chaque jour davantage ce que nous recevons : le Corps du Christ pour illuminer nos familles, notre ville et notre monde.

Fête de la Sainte Trinité – L’amour trinitaire : une lumière de communion dans un monde divisé…

Dans un monde marqué par tant de divisions, de conflits et d’incompréhensions, la Sainte Trinité nous offre un modèle de communion et d’amour véritable. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit vivent une communion profonde. Ils ne sont pas en opposition, mais en relation constante d’amour et de don réciproque.

Cet amour trinitaire devient pour nous une inspiration, une invitation à devenir également des artisans d’une harmonie vivante et féconde. Il nous rappelle que la véritable communion ne repose pas sur l’effacement des différences, mais bien sur le respect mutuel, le dialogue sincère et le partage généreux. L’amour trinitaire se traduit par notre capacité à créer un espace où chaque personne trouve sa place et apporte ses dons pour le bien de tous. Il nous pousse à dépasser les frontières artificielles que le monde érige et à reconnaître en chaque personne un frère ou une sœur en Christ.

Dans un contexte où tant de discours prônent la division et le rejet, notre mission est claire : devenir les témoins vivants de l’amour trinitaire dans notre quotidien.
Que la Sainte Trinité nous guide, nous fortifie et nous enseigne à construire des ponts là où d’autres dressent des murs…
Que notre paroisse soit un lieu où l’amour circule, où la diversité devient richesse, et où la foi vécue ensemble transforme nos cœurs et notre monde.
Ensemble, avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit, avançons dans l’amour et l’unité.

Fête de la Pentecôte – « Esprit Saint vous enseignera tout ! »

Lorsque l’on a parfois l’impression que tout autour de nous change bien trop rapidement, que les vieilles traditions se perdent, que le monde semble s’égarer… il peut arriver que, par peur ou lassitude, nous décidions de faire marche arrière. On s’arrête alors, se replie sur soi-même, accroché à ses certitudes, ses jugements, son catéchisme, ses vérités; comme pour se protéger de ce qui est extérieur, de ce monde que l’on ne reconnaît plus, alors, on reste entre soi, parlant un langage que les autres ne comprennent pas…

Cependant, il y a toujours un moment où quelque chose nous bouleverse : cela peut être une rencontre inattendue, une conversation marquante, une lecture inspirante… parfois, c’est une main tendue, un geste qui témoigne d’accueil, une oreille attentive, un regard porteur de transformation, une confiance partagée, un amour offert sans retenue…

Et là, laissés de côté nos prudences et nos hésitations, nous sortons de nos retranchements. Nous osons… nous ouvrons nos cœurs aux autres.
L’Esprit Saint devient ce Maître intérieur qui nous guide, remplit nos cœurs et embrase nos vies du feu de son amour… Son don passe par ces « raisons du cœur » que la raison ne peut saisir.

Il apporte paix dans l’inquiétude, confiance dans le découragement, joie au milieu de la tristesse, vitalité malgré les années qui passent, et courage face à l’épreuve… il lave ce qui est souillé et guéris ce qui est blessé…

Cela n’est-il pas magnifique ?

7ème dimanche de Pâques – « Qu’ils deviennent parfaitement un… »

Voici un appel à l’unité… ! Plus que jamais, la nécessité de la paix et de l’unité s’impose à nous. Les crises actuelles accentuent les divisions, intensifient les injustices et les inégalités. Face à ces défis, nous sommes invités à écouter les paroles de Jésus :
« Qu’ils deviennent parfaitement un. » Ces mots résonnent comme une invitation à vivre dans l’unité, à dépasser nos différends et à nous tourner vers l’essentiel : l’amour et la fraternité.

L’unité ne signifie pas uniformité… chacun de nous porte une histoire, une sensibilité, un regard propre… mais dans cette diversité, Jésus nous enseigne que l’unité ne vient pas d’une simple entente humaine, mais d’un lien profond en Dieu. Comme Jésus est en parfaite communion avec le Père, il nous convie à vivre dans cette même relation d’amour et d’harmonie. 

Alors que nous attendons la venue de l’Esprit Saint, rappelons-nous qu’il est Celui qui transforme nos cœurs, éclaire nos pensées et restaure l’unité entre nous. Il est le souffle qui dissipe les incompréhensions, l’élan qui nous pousse à pardonner et à bâtir ensemble.
Ne laissons pas les divisions nous détourner de cette promesse. Cultivons la paix par nos paroles, pratiquons la bienveillance dans nos actions et avançons dans la prière.

Que l’Esprit Saint éclaire notre chemin et nous donne la force d’avancer ensemble. Qu’il apaise nos cœurs, nous guide dans nos échanges, nos prières et nos actions communes. Que chacun découvre en l’autre un compagnon de route vers Dieu, un appui dans les moments difficiles,  une lumière dans les périodes d’obscurité. Marchons animés par l’espérance !

6ème dimanche de Pâques – « je vous laisse la paix, je vous donne ma paix… »

Dans un monde où l’agitation, l’inquiétude et les conflits semblent prendre plus de place, la parole du Christ vient éclairer une vérité fondamentale : la paix véritable ne vient pas des circonstances extérieures, mais d’un don profond que Dieu nous fait. La paix est un cadeau de Dieu !
La paix de Jésus n’est pas celle du monde, conditionnée par des accords, des intérêts ou des opportunités, trop souvent au détriment des plus vulnérables. Sa paix est intérieure, une présence rassurante, une certitude que nous ne marchons pas seuls.
Lorsque Jésus nous dit : « C’est ma paix que je vous donne », Il nous invite à recevoir ce don avec confiance et à le faire grandir en nous.

Mais comment vivre cette paix au quotidien ? En nous tournant vers Lui dans la prière, en Lui confiant nos joies et nos épreuves, et en cherchant à être artisans de paix autour de nous. La paix du Christ a le pouvoir de nous transformer. Elle nous invite, comme le rappelle le psaume de ce dimanche, à rayonner de cette lumière auprès de ceux qui croisent notre chemin : par nos paroles, nos actes et notre regard bienveillant sur les autres.

Dans nos paroisses, nos familles, nos lieux de travail, nous avons tous la possibilité de semer cette paix… À travers un geste d’écoute, un pardon accordé, une main tendue, nous devenons les témoins de cette paix qui dépasse toute inquiétude.

Alors que la Pentecôte approche, invoquons l’Esprit-Saint pour qu’Il dépose en nous cette paix et cette joie promises par Jésus.
Soyez les porteurs de cette paix précieuse et faites-la rayonner dans le monde !