Le Vendredi Saint, l’Eglise nous fait suivre le Christ pas à pas dans le combat qu’il a accepté de vivre pour nous racheter de nos péchés.
Le chemin de croix qui accompagne Jésus vers sa mort est une contemplation active qui veut aider chacun à entrer dans le mystère de l’amour de Dieu, manifesté en son Fils. Celui qui le parcourt avec générosité et avec foi, donne espérance et avenir à l’humanité. Il sème l’espoir. Le chemin de croix apparaît donc comme un pèlerinage « en esprit », c’est pourquoi il touche celui qui l’entreprend sous trois aspects: la marche, la méditation et l’intercession.
La marche : Le déplacement physique invite à un déplacement intérieur. Il s’agit de se laisser façonner par la marche, de suivre le Christ pas à pas, de nous laisser conduire sur le chemin qu’il emprunte, et non de le précéder. Il s’agit d’entrer plus profondément dans notre condition de disciple.
La méditation : L’Evangile est le fondement de cette méditation qui appelle le pèlerin à une découverte progressive de la miséricorde du Père, en même temps qu’il est invité, en contemplant Jésus anéanti sous les coups de la Passion, à reconnaître en lui le Christ, Serviteur de l’amour du Père pour notre humanité.
L’intercession : Tout pèlerinage s’accompagne de prière. Durant le chemin de croix, nous prions pour toutes les situations de souffrance, d’épreuve, de détresse, de mort que nous rencontrons autour de nous dans la vie quotidienne, toutes les vies des hommes de ce monde que le Christ, dans son mystère pascal, a offertes au Père.
Source site internet diocèse d’Annecy (Extraits)
Textes du Chemin de Croix – St Pierre Favre Aravis
Vitraux Eglise St Blaise – Vichy (Photos MS)
Prière du pape François :
« Père saint et miséricordieux, Tu nous as montré le chemin de la Croix comme chemin unique pour te comprendre. Nous voulons marcher aujourd’hui avec foi et espérance. Nous voulons prier en union avec tous ceux qui souffrent, et nous laisser envelopper par ce mystère. Aide-nous à marcher en te contemplant, en apprenant de Jésus qui nous aide à porter notre croix de chaque jour, sans nous laisser abattre, confiants en ton amour miséricordieux. Accorde-nous de participer à la Passion du Christ, pour que nous puissions parvenir un jour, avec Lui, à la gloire de la Résurrection. Par Jésus-Christ notre Seigneur ». Amen.
Première station : Jésus est condamné à mort
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (26, 47-50)
Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. » Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! » Et il l’embrassa. Jésus lui dit : « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! » Alors ils s’approchèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
Méditation : Un baiser, un geste profondément humain de tendresse s’est transformé en un geste de trahison… Jésus sera finalement condamné à mort. Face à cette situation qui paraît injuste, nous avons un sentiment de révolte et d’impuissance. Pourtant, Jésus choisit de poursuivre son oeuvre en notre humanité. Il est venu guérir nos gestes déshumanisés, notre fraternité brisée, notre manque d’espérance. Jésus n’a de cesse que de croire en nous, en chaque être humain ; il appelle « ami » celui qui le trahit, car il est le Pardon.
Prions : Seigneur, viens guérir notre manque d’espérance pour que nous soyons des instruments de l’amour infini de Dieu. Aide-nous à construire une fraternité sans exclusion. Prions pour celles et ceux qui n’ont pas la force d’espérer, qui ont été victimes d’abus et d’injustices ; que ces personnes trouvent en toi la consolation dans les difficultés et un regard qui transforme leurs vies.
Chant : N’aie pas peur, laisse-toi regarder par le christ ; laisse-toi regarder, car il t’aime. (bis)
Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (15, 4-5.9)
« Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. […] Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour ».
Méditation : La croix nous fait peur. Or, suivre le Christ, signifie accepter la croix qui se trouve devant chacun d’entre nous. « Il n’y a pas de travail apostolique fécond sans la croix », affirme le pape François. Mais Jésus nous appelle à porter la croix pour produire du fruit. Car la croix n’est jamais inutile. Dieu n’a pas créé le mal, ni la souffrance. Si Dieu a accepté de se soumettre au pouvoir du péché et de la mort, si Jésus a accepté de saisir et porter notre croix, c’est pour nous délivrer du mal.
Prions : Seigneur Jésus, par amour tu choisis de porter notre croix pour marcher avec nous jusqu’au bout du chemin. En demeurant près de nous, tu maintiens notre foi et notre espérance. Fais mûrir en chaque homme, le désir grand et vrai de donner ce qui vient de toi, d’appeler à te suivre, de servir avec toi, d’aimer comme tu nous aimes.
Chant : Peuple de frères, peuple du partage, porte l’Évangile et la paix de Dieu. (bis)
Dans la nuit se lèvera une lumière, l’espérance habite la terre : La terre où germera le salut de Dieu ! Dans la nuit se lèvera une lumière, notre Dieu réveille son peuple.
Troisième station : Jésus tombe pour la première fois
Livre du prophète Isaïe (53, 4-6)
« En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous ».
Méditation : La chute de Jésus sous la croix n’est pas seulement la chute de l’homme Jésus déjà épuisé par la flagellation. Ici apparaît quelque chose de plus profond, comme dit Paul dans la lettre aux Philippiens : « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes … il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Ph 2, 6-8). L’abaissement de Jésus est le dépassement de notre orgueil : par son abaissement, il nous relève. Laissons-le nous relever.
Prions : Seigneur Jésus, le poids de la croix t’a fait tomber à terre. Le poids de notre péché, le poids de notre orgueil t’a terrassé. Tu as voulu venir à nous, nous qui, en raison de notre orgueil, gisons à terre. Seigneur, aide-nous parce que nous sommes tombés. Aide-nous à abandonner notre orgueil destructeur, en apprenant, par ton humilité, à nous relever de nouveau.
Chant : Esprit de lumière, Esprit créateur, Restaure en nous la joie, le feu, l’espérance. Affermis nos âmes, ranime nos coeurs, Pour témoigner de ton amour immense.
Quatrième station : Jésus rencontre sa mère
Evangile selon saint Luc (Luc 2, 34-35.51)
« Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : ‘’Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée’’. Sa mère gardait dans son coeur tous ces évènements ».
Méditation : Toute mère est visage de l’amour, refuge de tendresse, fidélité qui n’abandonne pas. Marie est mère ! Son coeur est fidèlement attaché au coeur de son Fils, il souffre, il porte la croix, elle éprouve dans sa propre chair toutes les blessures de la chair de son Fils. Sur le visage défiguré de Jésus, Marie découvre que l’amour qui anime son fils sur ce chemin de mort est un amour plus grand que l’amour humain, un amour divin. Elle découvre que cet amour divin habite aussi son coeur à elle, que tout peut disparaître et s’effondrer, cet amour ne passera jamais.
Prions : Seigneur Jésus, tant de mères se sentent impuissantes devant la souffrance de leur enfant. Donne-leur de croiser ton regard sur leur chemin de croix. Qu’elles y puisent la foi et l’espérance que leur amour n’est pas vain, mais que c’est toi qui aimes en elles d’un amour éternel. Dans les détresses, aide-nous à croire que l’Amour et la Vie sont déjà vainqueurs.
Chant : La première en chemin avec l’Eglise en marche. Dès les commencements, tu appelles l’Esprit ! En ce monde aujourd’hui, assure notre marche ; Que grandisse le corps de ton Fils Jésus-Christ ! Marche avec nous, Marie, aux chemins de ce monde ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.
Cinquième station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter la Croix
Evangile selon saint Luc (Luc 23, 26)
« Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus ».
Méditation : Qui est cet homme réquisitionné pour aider Jésus à porter sa croix ? Nous ne le savons pas. Sa force, c’est tout ce que Simon de Cyrène pouvait offrir à Jésus, lui qui souffrait sur le chemin de sa passion. Une force physique par laquelle Simon va voir le visage meurtri du Christ, par laquelle il va partager sa douleur. Tu nous rappelles que le Christ nous attend dans nos rues, à l’hôpital, en prison. Quels petits gestes pouvons-nous poser : un sourire, un bonjour, un hébergement solidaire, pour que nous aussi puissions rencontrer à travers ce frère, le visage du Christ… Rien de plus à offrir mais le don est grand pour celui qui le reçoit. Cet « autre », Simon de Cyrène ne l’a pas choisi. Mais c’est ici qu’il rencontre Dieu, c’est ici qu’il rencontre l’amour. Sans le savoir, il accompagne Jésus par lequel tout va s’accomplir.
Prions : Seigneur, aide-nous à avoir un coeur de compassion. Comme Simon, rien de plus, juste sa force qui t’aide à porter ta croix. Aide-nous à prendre notre part dans l’accueil de nos frères. Apprends-nous à te rencontrer dans notre rencontre avec l’autre.
Chant : Si le Père vous appelle à la tâche des apôtres, En témoins du seul Pasteur, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à l’accueil et au partage Pour bâtir son unité, bienheureux êtes-vous !
Si l’Eglise vous appelle à répandre l’Evangile En tout point de l’univers, bienheureux êtes-vous !
Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie ! Car vos noms sont inscrits pour toujours dans les cieux ! Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie ! Car vos noms sont inscrits dans le coeur de Dieu !
Sixième station : Véronique essuie la face de Jésus
Lecture du livre du prophète Isaïe (53, 2-4)
« Il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié ».
Méditation : Après Marie, sa mère, et Simon de Cyrène, Jésus rencontre Véronique. Spontanément, en voyant son visage tuméfié et ruisselant de sang, elle n’hésite pas à s’approcher. Derrière ce visage torturé de douleurs, Véronique a découvert le visage de Dieu. Plus que sur un linge, ce visage s’est fixé dans sa mémoire et surtout dans son coeur. Le geste de charité de Véronique nous rappelle les gestes que nous pouvons aussi faire vers nos frères et soeurs malades ou blessés par la vie. Donne-nous la grâce d’approcher, de découvrir la beauté du regard des personnes défigurées par la souffrance, les épreuves, pour voir en elles ton visage de lumière. Donne-nous la grâce de nous tenir en silence assis près du lit, de nous tenir tout proche en serrant la main qui tremble, de nous tenir tout contre en consolant. Des gestes simples qui ne changent pas forcément le cours des choses mais parce qu’ils sont de l’ordre de l’amour, apportent à celui ou celle qui en est bénéficiaire, la paix du coeur, l’apaisement, la certitude d’être aimé.
Prions : Seigneur, nous te prions pour tous ceux qui ont soif de tendresse dans un monde marqué par tant de violences et de brutalité. À l’image de Véronique, aide-nous à être courageux et à accepter d’être dérangés dans notre vie, car c’est à travers le visage de l’autre que nous te rencontrons.
Chant : Je cherche le visage, le visage du seigneur Je cherche son image, tout au fond de vos coeurs.
Vous êtes le corps du christ, vous êtes le sang du christ, Vous êtes l’amour du christ. alors ? … qu’avez-vous fait de lui ?
Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (11, 28-30)
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Méditation : Jésus tombe, se relève, puis tombe de nouveau, il reprend la marche épuisante, probablement sous les coups des gardes qui l’escortent. Celui qui a relevé les corps grabataires, redressé la femme courbée, remis debout tant d’accablés, le voici aujourd’hui effondré sur le sol poussiéreux. Cette chute évoque certaines épreuves portées par de nombreuses familles dans le monde : précarités, déracinements, séparations, infidélités, divisions, disputes… Oui, nous savons que Jésus n’a pas été écrasé par le poids de la croix. Il a fini par se relever et a continué sa marche. Confions-lui les fragilités de nos familles pour qu’il les accompagne dans leurs épreuves et les aide à garder l’espérance tout au long de la vie.
Prions : Seigneur, notre Dieu, tu descends au fond de notre nuit, sans mettre de limite à ton humiliation, puisque c’est, en elle, que tu rejoins la terre souvent ingrate, parfois dévastée, de nos vies. Permets que nos familles s’éloignent de toute expérience de violence, de fermeture et de division. Accorde à nos familles la grâce de devenir des lieux où la vie est accueillie et s’épanouit pour la gloire de Dieu et le bonheur de tous.
Chant : Ô Seigneur, je viens vers toi, je viens vers toi, Je te cherche mon Dieu. Ô Seigneur, écoute-moi, écoute-moi, Je t’espère mon Dieu. Toi, Seigneur, tu es l’amour, moi, j’étais perdu; Toi, tu es toute tendresse, moi je cherche ta main.
Huitième station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (23, 27-29)
Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !».
Méditation : Dans la foule qui se tient sur le passage de Jésus, des femmes se mettent à pleurer en voyant la croix, les blessures sur le corps de Jésus. Des larmes leur viennent aux yeux en le voyant ainsi, lui qui a tant guéri et parlé avec tant de bonté. Jésus, les consoles : ne pleurez pas à cause de moi, mais pleurez plutôt à cause du mal que font les hommes. Accompagner les souffrances de Jésus, c’est donc commencer par combattre le mal qui est en nous, afin de ne pas laisser place à la haine et à la violence, notamment celles qui se déchaînent contre ceux qui sont différents par la religion ou par la culture.
Prions : Seigneur, tu as choisi le peuple d’Israël pour en faire le signe de ton Alliance avec l’humanité tout entière. Tu n’as pas renié ton choix malgré ses infidélités. Donne-nous de comprendre que, ce que dit Jésus aux femmes de Jérusalem, s’adresse aussi à nous. Il nous invite à l’urgence de la conversion, nécessaire pour accueillir son amour.
Chant : Comme un souffle fragile, ta parole se donne. Comme un vase d’argile, ton amour nous façonne.
Ta parole est partage, comme on coupe du pain Ta parole est passage, qui nous dit un chemin.
Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois
Psaume 68 (15-21)
« Tire-moi de la boue, sinon je m’enfonce : que j’échappe à ceux qui me haïssent, à l’abîme des eaux. Que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m’avale, que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi. Réponds-moi, Seigneur, car il est bon, ton amour ; dans ta grande tendresse, regarde-moi. Ne cache pas ton visage à ton serviteur ; je suffoque : vite, réponds-moi. Sois proche de moi, rachète-moi, paie ma rançon à l’ennemi. Toi, tu le sais, on m’insulte : je suis bafoué, déshonoré ; tous mes oppresseurs sont là, devant toi ».
Méditation : Dans nos vies, le poids des souffrances peut mettre facilement à terre : chômage, échec scolaire, maladie, injustice, violence, incivilités… Pour la troisième fois, Jésus cherche à se relever. Combien de leçons de courage recevons-nous dans nos vies : de personnes qui cherchent sans cesse à se relever et refusent de baisser les bras. De femmes seules qui luttent pour leurs enfants, de personnes de toutes cultures tissant la toile d’un mieux vivre ensemble. De personnes de religions différentes qui désirent trouver un chemin de paix, dans le respect des convictions de chacun. Jésus à terre vient ainsi rejoindre nos plus profondes fragilités pour les transfigurer par son amour et y révéler notre dignité.
Prions : Seigneur Jésus, au plus bas du sol, tu viens rejoindre tous ceux et celles qui n’en peuvent plus de porter le poids de leurs souffrances. Aide-les à retrouver de nouvelles raisons de ne pas baisser les bras et la force de témoigner de ton Amour qui se renouvelle sans cesse pour poursuivre notre route jour après jour jusqu’à ton Royaume.
Chant : Jésus, me voici devant toi, tout simplement dans le silence ; Rien n’est plus important pour moi que d’habiter en ta présence.
Avec des larmes dans les yeux ou plein de joie sur le visage, Des rêves fous ou dangereux, un coeur qui recherche un rivage.
Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements
Lecture du livre du prophète Isaïe (53, 5b-8)
« Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple ».
Méditation : Maltraité, humilié, il n’ouvrait pas la bouche (Isaïe 53,7). Jésus est dépouillé de tout, dépouillé d’énergie, de tout mouvement, dépouillé d’honneur et de dignité, et finalement dépouillé de ses vêtements. Il est là, nu, livré à la vue et à la moquerie des hommes. Il nous a dit : j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous (Mt 25, 34). La nudité du Christ rappelle l’enfant de la crèche sans défense. Nous contemplons le corps de Jésus, humilié, sans vêtements.
Prions : Rendons grâce pour tous les soignants et hospitaliers qui, par leurs délicates attentions et leur regard d’humanité, atténuent les souffrances morales des malades. Prions pour que nous ayons confiance en cette force qui, tel le don de la manne, est renouvelée en nous jour après jour.
Chant : Si la souffrance t’a fait pleurer des larmes de sang, (bis) tu auras les yeux lavés.
Alors tu pourras prier avec ton frère en croix.
Si la tristesse t’a fait douter au soir d’abandon, tu sauras porter ta croix
Alors tu pourras mourir au pas de l’homme-Dieu.
Onzième station : Jésus est cloué sur la Croix
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (15, 22-24)
« Ils le menèrent au lieu-dit Golgotha, ce qui signifie lieu du Crâne. Ils voulurent lui donner du vin mêlé de myrrhe, mais il n’en prit pas. Et ils le crucifièrent ».
Méditation : Contemplons Jésus, notre frère et notre Seigneur, cloué sur la croix. La violence humaine semble t’immobiliser, t’empêcher de nous rejoindre sur les chemins où nous marchons, t’empêcher d’ouvrir tes mains à toute rencontre. Pourtant, tes mains clouées sont à jamais des mains ouvertes. Tes « bras étendus dessinent entre ciel et terre le signe de l’Alliance ». Tes bras étendus nous disent alors le désir du Père de rassembler tous ses enfants dispersés. Les chrétiens et les Églises sont porteuses d’un tel message, par leurs paroles, mais aussi par leurs fraternelles relations.
Prions : Merci, Seigneur, pour les mains ouvertes de ton Fils. Elles nous redisent combien tu désires nous rassembler en un seul Corps. Pardon, Seigneur, pour nos mains qui se referment sur leurs certitudes plutôt que de se tendre et de s’ouvrir. Au pied de la Croix, nous te confions notre prière qu’elle témoigne de la fraternité dont le monde a besoin.
Chant : Ô Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus-Christ ! (bis)
Fleuve dont l’eau féconde du coeur ouvert a jailli,
Par toi la vie surabonde, Ô Croix de Jésus-Christ !
Douzième station : Jésus meurt sur la Croix
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (19, 26-30)
« Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Méditation : Prenons un moment de silence
Chant : Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts,
il est notre salut, notre gloire éternelle !
Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons.
Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons.
Treizième station : Jésus est descendu de la Croix et remis à sa mère
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (19, 38-39)
« Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres ».
Méditation : Joseph d’Arimathie, Nicodème et Jean descendent le corps de Jésus de la croix. De l’eau et du sang coulent de son coeur transpercé. Ils déposent son corps blessé sur les genoux de Marie. Elle demeure là, silencieuse, elle pleure. Ses larmes sont le signe de la douleur mais aussi de la confiance… Dieu notre Père, donne-nous d’être solidaires les uns des autres, de savoir porter le fardeau les uns des autres, d’avoir des bras de compassion comme ceux de Marie.
Prions : Je Vous Salue Marie.
Chant : Chercher avec toi dans nos vies les pas de Dieu, Vierge Marie.
Par toi accueillir aujourd’hui le don de Dieu, Vierge Marie
Puisque tu souffres avec nous Gethsémani, Vierge Marie
Soutiens nos croix de l’aujourd’hui entre tes mains, voici ma vie.
Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (19, 40-42)
Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus
Méditation : Au moment de sa mort, dernière épreuve de sa vie terrestre, deux disciples les plus fidèles, Nicodème et Joseph d’Arimathie prennent soin de son corps. Ils l’embaument avec des aromates, signe de respect pour ce corps qui a tant souffert de la flagellation, des crachats, des moqueries pour finir par la crucifixion. Grâce au signe de ta croix tracé sur leurs épaules et sur leur coeur, les catéchumènes portent joyeusement leur quotidien marqué par les contraintes de la vie. Sur leur chemin, ils sont soutenus par des chrétiens qui les accompagnent par l’écoute, la prière, une attention particulière pendant le temps du carême, notamment avec la célébration des « scrutins ». Le jour de leur baptême, plongés dans l’eau baptismale, ils en ressortent rayonnants de la joie de la résurrection qui leur donne la vie éternelle.
Prions : Seigneur Jésus, la pierre du tombeau est roulée. Mais rien ne pourra retenir la force de la résurrection. Aide-nous avec toute l’Église, à croire malgré le voile du mystère, à espérer dans l’ombre, à aimer en silence. Toi, le Vivant, donne-nous la vie éternelle.
Notre Père …
Chant : Victoire, tu régneras, ô Croix, tu nous sauveras.
Rayonne sur le monde qui cherche la Vérité. Ô Croix, source féconde d’amour et de liberté.
