Marie-Hélène Larrouturou nous a quitté fin décembre 2025. Elle n’a pas pu voir l’aboutissement de son œuvre de restauration du Chemin de Croix, entamée depuis 2020, et qui devait se conclure par sa réinstallation dans l’église Saint Martin de Palaiseau.
Ce sera chose faite pour les Rameaux 2026 et l’occasion de lui rendre hommage.
De la (re)découverte à la restauration
A l ‘occasion d’une visite du clocher de l’église Saint Martin, pour accrocher l’étoile de Noël ou la croix pendant le carême, Marie-Hélène remarque les tableaux des stations d’un chemin de croix.
Sans aucune expérience dans cet art, mais forte de ses talents artistiques, elle décide début 2020 de les restaurer. Elle intègre l’atelier de restauration de tableaux dirigé par Eiko Komiya à la Cour Roland à Jouy-en-Josas.
Au moment de son décès fin décembre 2025, elle a presque fini le travail. Les dernières finitions sur 8 tableaux ont été achevées par des élèves de l’atelier : Sylvie Gibbs, Alain Kuentz, Isabelle Lamarche, Véronique de Langlais, Françoise Leblond, Corinne de Molliens et Caroline Richard.
On ne sait ni quel est l’auteur de ces tableaux ni à quelle date ce chemin de croix a été déposé.
Il comporte 13 stations, la station VI manque.
La station XIII, incomplète, fait l’objet d’une importante recréation par Corinne de Molliens, élève de l’atelier. Elle invente la partie manquante en se basant sur une Déposition de croix de Jean Jouvenet dont la station XIII semble être inspirée. Cette Déposition de croix date de 1708 et est visible à la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise.
Le système d’accrochage et l’encadrement ont été assurés par les services techniques de la mairie de Palaiseau.
Le chemin de croix a été béni par le père Jean-François Zakarian, curé de la paroisse Saint-Martin, au cours de la messe des Rameaux le 29 mars 2026.
Des informations complémentaires arriveront sûrement pour nous faire connaître l’histoire de ce Chemin de Croix.
Ainsi, certaines personnes se souviennent que le Chemin de Croix était présent dans l’église jusqu’en 1969 ou 1970, lorsqu’il a été enlevé, dans la mouvance post-mai68, où il fallait « faire du neuf » dans les églises. On a alors enlevé le chemin de croix et supprimé la chaire en bois qui était sur la droite de la nef principale (en face du grand crucifix qui est sur la gauche au milieu de la nef).
Les stations du chemin de croix auront donc passé environ 50 ans dans le clocher, jusqu’à ce que Marie-Hélène les en sorte début 2020…
Voici l’état initial de la station XIII.
Le résultat de sa recréation
Ci-contre : Déposition de croix de Jean Jouvenet
