« Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » » Luc 23,43
Marie-Hélène LARROUTUROU : de 1994 à 2025 au service du secteur de Palaiseau
L’ensemble de la communauté de Saint Martin de Palaiseau, mais aussi des autres communautés du secteur, et au-delà, beaucoup d’amis sont venus le 20 janvier entourer Bernard, ses enfants et toute sa famille, pour rendre hommage à Marie-Hélène, lors de la messe d' »A-Dieu », célébrée par le père Jean-François Zakarian accompagné des prêtres du secteur, ainsi que du père Gilles Drouin et du frère Jean-Marie Burnod.
Beaucoup d’émotion pour tous, en particulier avec les témoignages de Bernard et de ses enfants pour nous rappeler qui était Marie-Hélène, pour sa famille, ses amis.
Nous voulons rapporter dans cet article des éléments de sa vie, en particulier de ses engagements au sein de notre Église et de la richesse que cela a représenté pendant ces 31 années au service de tous.
Son engagement au sein de l’Équipe Espérance pour l’accompagnement des familles en deuil et la célébration des funérailles était, ces dernières années, sans doute celui dans lequel elle pouvait « dire l’espérance chrétienne de la résurrection ». Aussi nous rappelons ci-dessous le témoignage qu’elle avait écrit pour inciter d’autres paroissiens à rejoindre ce service.
Marie-Hélène – son chemin de vie
« Chemin de vie » de Marie-Hélène Larrouturou, née Cancelloni
Marie-Hélène naît à Caen le 12 novembre 1957 dans le foyer de ses parents Marie-Paule et Maurice, mariés depuis 8 ans. Elle est baptisée le 27 décembre 1957. Enfant unique, elle grandit à Caen, puis à Madagascar – elle gardera toujours un grand souvenir et un très fort attachement pour la « grande île » – puis à Lyon, et ensuite à Neuilly, près de Paris, jusqu’à son entrée en école d’ingénieurs en 1977. Ses parents, se séparent la même année, 1977.
Au cours des trois années à l’école polytechnique, Marie-Hélène rencontre Bernard. Ils se marient en 1980.
L’année 1983 est marquée par le décès de sa maman, qui met fin à ses jours. Et par le déménagement de Marie-Hélène et Bernard vers Vallauris, où ils vont passer 11 ans. En 1994, le couple revient en région parisienne, à Palaiseau, où ils ont habité jusqu’à aujourd’hui. Après la naissance d’un « petit dernier » en 1999, la fratrie compte 8 enfants : Pauline, Benoît, Jérôme, Gabriel, Florent, Damien, Mathilde et Christophe.
Après le retour en région parisienne, Marie-Hélène renoue les liens avec son papa et avec sa tante (la sœur de Marie-Paule) dont elle avait été éloignée pendant de longues années. Ces retrouvailles seront très précieuses pour elle, ainsi que pour Bernard et les enfants.
Tout en continuant toujours à donner la première priorité à ses enfants et sa famille, Marie-Hélène mène en parallèle au cours des années de nombreuses activités dans des cercles associatifs et à la paroisse de Palaiseau : soutien scolaire, chorale, théâtre, gymnastique, toute une variété de travaux manuels et artistiques auxquels elle se forme avec talent, participation à l’équipe animatrice et à l’équipe liturgique de la paroisse, catéchisme, et participation très active à l’équipe Funérailles pour l’accompagnement des familles en deuil et la préparation des obsèques. Elle réalise aussi plusieurs voyages au loin avec certains des enfants ou avec la famille au complet ; ces voyages seront toujours pour elle de grands moments très appréciés. En 2015, Marie-Hélène se remet aux études de mathématiques : elle obtient le Capes en 2016, et enseigne ensuite les maths au collège pendant quelques années.
Depuis le début des années 2010, la famille s’agrandit avec les conjoints et les compagnes ou compagnons des enfants. A partir de 2020, Marie-Hélène et Bernard ont la joie d’être grands-parents : ils ont à ce jour 5 petits-enfants, Diane, Alexandre, Sarah, Arthur et Emilie.
Fin 2025, la famille fait le choix d’une fête de Noël familiale à proximité de Sète et Montpellier. Après une belle et joyeuse fête de Noël, dont Marie-Hélène a été très heureuse, un grave accident survient le 26 décembre : Marie-Hélène, Gabriel et Florent, qui marchaient au bord d’une route départementale, sont fauchés par une voiture. Marie-Hélène meurt sur le coup.
Des engagements au service de la paroisse au fil des années
Nous avons recueilli le témoignage de plusieurs paroissiens qui ont partagé un service avec Marie-Hélène : toutes ont été marquées par son dynamisme, son sens du service, sa générosité. Sa personnalité était dotée de multiples facettes et de nombreux talents. Elle avait choisi de renoncer à une vie professionnelle qu’aurait pu lui offrir sa formation, et elle a mis toutes ces qualités au service des autres. Et ces engagements, elle les a pris à cœur.
Très vite après l’installation de la famille à Palaiseau, Marie-Hélène s’est engagée dans la catéchèse des enfants ; combien de jeunes ont eu la chance de bénéficier de son accompagnement dans la foi mais aussi dans leur vie scolaire !
Elle a été responsable de l’équipe animatrice pendant 3 ans .
Fidèle à l’équipe liturgique pendant une trentaine d’années, elle avait le souci d’une liturgie belle ; elle apportait des idées, souvent bien arrêtées, qu’elle défendait par des paroles parfois tranchantes !…
Elle a aussi beaucoup participé au fleurissement de l’église ; elle contribuait régulièrement, avec ses grands fils, à l’installation de la crèche et de la grande l’étoile ou de la croix suspendues au-dessus de l’autel en fonction du temps liturgique.
Plus récemment elle a rejoint l’équipe d’accompagnement des familles en deuil et s’est formée pour célébrer les obsèques en l’absence de prêtre.
Enfin Marie-Hélène s’est lancée dans la restauration du Chemin de croix de notre église, dans l’atelier de Mme Eiko……… qui a beaucoup admiré son engagement dans ce travail difficile et auquel elle n’était pas formée antérieurement.
Au-delà d’une amie, nous avons perdu en Marie-Hélène une personne très précieuse pour la vie de notre paroisse.
Un très grand merci, Marie-Hélène, pour tout ce que nous avons vécu avec toi, et tout ce que tu nous as donné .
Groupe d’Art Floral
Le jour où Marie-Hélène nous a quitté, j’ai cru perdre ma sœur.
Discrètement, elle m’avait demandé un jour si elle pouvait entrer dans le groupe « art floral au service de la liturgie ».
J’ai découvert une femme énergique et organisée.
Avec ses enfants, elle a vite compris à Noël et Pâques comment monter et descendre l’étoile et la croix.
En réunion de notre groupe d’art floral, elle savait résoudre les problèmes et trouvait toujours de bonnes idées.
Il y a encore quelques semaines, elle avait participé à la mise en place de la crèche.
Monique
Rejoindre l’équipe Espérance ? Une trace de l’appel au service fait par Marie-Hélène
Je suis membre de l’équipe Espérance depuis un grand nombre d’années. Combien au juste, je ne le sais plus.
A l’extérieur, je parle plutôt d’équipe Funérailles, le terme est plus parlant : il s’agit d’accueillir et d’aider les familles à préparer la cérémonie d’obsèques d’un défunt, que ce soit une messe ou, beaucoup plus fréquemment, une bénédiction.
Or notre équipe, comme beaucoup d’autres, est vieillissante et a besoin d’être étoffée. Alors je vous entends déjà vous écrier intérieurement : « Non, ce service n’est pas pour moi, c’est trop dur, je suis trop sensible, et d’ailleurs je ne suis pas assez disponible ! ». Alors je me permets de vous répondre :
Les églises se vident, malheureusement. Si j’excepte les funérailles de personnes très impliquées dans la paroisse dont les familles sont elles-mêmes très croyantes, les funérailles nous font rencontrer des gens qui ont encore un certain sentiment religieux ; parfois c’est seulement le défunt qui avait exprimé le désir de « passer par l’église » et nous rencontrons des proches bien embarrassés, et en plus éprouvés, ne serait-ce que par l’ensemble des démarches à faire, souvent aussi par une fin de vie difficile, pour le défunt mais aussi pour eux. Car la plupart des obsèques concernent des personnes très âgées ; dans tous les cas, il s’agit d’aider les familles à honorer leur défunt au terme d’une vie que nous retraçons avec eux, pour donner à voir la personne qui vient de partir ; et leur dire l’espérance chrétienne de la résurrection pour les aider à lâcher prise et « faire leur deuil ». Il ne s’agit donc pas de prendre sur nous la peine des gens : souvent nous ne connaissons ni les défunts ni leur famille. Et même quand nous les connaissons et que nous partageons donc davantage leur peine, nous avons la chance de pouvoir les aider ; il n’y a pas tant d’occasions de se mettre au contact de gens en difficulté et d’avoir, dans le court terme, une action positive sur eux, leur bien-être et un peu aussi, leur relation à l’Église. A cette occasion, l’Église se fait proche d’eux, nullement prosélyte, simplement aimante… Nous voilà au cœur de l’invitation de notre Pape :
« L’Église est appelée à sortir d’elle-même et à aller vers les périphéries, pas seulement géographiques, mais également celles de l’existence. »
Pour le bien de toutes ces familles, pour le bien de l’Église, nous avons besoin de vous ! Ne vous dérobez pas, renseignez-vous : vous pouvez venir avec l’un de nous voir sur le terrain en quoi consiste la préparation d’une cérémonie. Cela ne vous engage en rien, personne ne vous forcera à accepter ni ne cherchera à vous culpabiliser si vous renoncez ; peut-être percevrez-vous qu’il y là une belle occasion de servir nos frères dans une épreuve qui nous concerne tous et que nous pouvons rendre moins dure.
Et si vous êtes tentés pour aller plus loin, sachez que vous serez d’abord formés et accompagnés, car bien sûr assurer un tel service ne s’improvise pas.
