La Semaine Sainte achève le temps du carême. Elle commence avec le dimanche des Rameaux (célébration de l’entrée solennelle du Christ à Jérusalem pour célébrer Pessah, Pâque Juive) et s’achève avec la vigile pascale pendant la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques. Cette semaine est le cœur même de la foi chrétienne. C’est pourquoi les chrétiens se préparent à la fête de Pâques depuis le début du Carême et en particulier tout au long de la Semaine Sainte.
Dimanche des Rameaux
C’est le jour de la fête des Rameaux. À l’entrée de Jérusalem, munie de feuillages coupés, la foule acclame Jésus.
« Hosanna! » Qui s’avance pour que « beaucoup de gens » manifestent bruyamment leur joie ? Est-ce un prince aimé ou un général triomphant ? A-t-on disposé pour lui sur la route des tapis couverts de fleurs ? Non. Il s’agit de Jésus. Et pourtant Jésus est le plus grand de tous les grands de ce monde. Il est le Messie attendu par tous depuis si longtemps pour relever le peuple. Le cortège qui l’entoure n’a paradoxalement rien de royal. Les « manteaux » des participants et des « feuillages coupés » se substituent aux tapis et aux fleurs des victoires officielles. Et puis Jésus avance sur un « petit âne ». Pourquoi donc lui, le Seigneur, aurait-il besoin d’un « petit âne » ?
Le « petit âne » évoque à l’avance l’abaissement de Jésus : « Il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, à mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ». Au cours de la semaine qui vient, gardons dans un coin de notre prière la parabole du petit âne des Rameaux.
C’est cette même foule qui criera « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » le jour de son procès. La foule a tapissé le sol de manteaux et de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur. En mémoire de cet événement, les paroissiens apportent des branches de buis, d’olivier, de laurier ou de palmier, selon les régions. Le prêtre les bénit au début de la messe. Les fidèles les emportent ensuite chez eux jusqu’au mercredi des cendres de l’année suivante où ils seront brûlés.
Jeudi Saint
Jésus prend son dernier repas avec les douze Apôtres dans la salle dite du « Cénacle ».
Saint Paul et les évangélistes Marc, Luc et Matthieu rapportent les récits de la Cène au cours de laquelle, en prenant le pain et le vin, le Christ rend grâce et offre son Corps et son Sang pour le salut des hommes.
Au cours de ce repas, Jésus va se mettre à genoux devant chacun de ses disciples et leur laver les pieds. Il prend la tenue de serviteur et dit : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. »
Jeudi Saint – Au cours de la messe célébrée avec solennité, on répète le geste du lavement des pieds, qui est, comme l’Eucharistie, l’expression du même don total que Jésus fait de lui-même et de sa vie pour le salut du monde. Les deux signes sont la mémoire de l’amour du Christ jusqu’à l’extrême. Le service est indissolublement lié à l’Eucharistie.
Après ce repas, l’heure de l’épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier.
« Demeurez ici et veillez avec moi. »
Le Jeudi Saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », puis le Saint Sacrement est déposé au « reposoir », l’autel est dépouillé, la croix est enlevée et voilée. Les cloches sonnent une dernière fois. On ne les réentendra que pour Pâques.
Tout ce dépouillement : le Christ est entré dans sa passion, dépouillé de tout. C’est une nuit d’adoration, les fidèles s’unissent à la prière du Christ ce soir-là, en veillant auprès du Saint-Sacrement (le pain et le vin consacrés au cours de la messe) jusque tard dans la nuit.
Vendredi Saint
La Passion du Christ
Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie. Interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région), flagellé par les soldats, Il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels. Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures.
« Tout est accompli. »
Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau.
Dans la liturgie du Vendredi Saint, nous méditons le mystère de la mort du Christ et nous adorons la Croix, sur laquelle l’œuvre du salut est accomplie.
Le Chemin de Croix nous permet de revivre les événements de la Passion de Jésus et de réfléchir au sens de ces événements.
Lors de l’Office de la Croix, on lit le récit de la Passion et on propose aux fidèles de s’avancer pour vénérer la Croix en la touchant ou en l’embrassant. On peut également recevoir la communion car des hosties, consacrées le Jeudi saint, ont été réservées à cet effet. Une collecte pour la Terre sainte permet de rassembler des fonds pour les chrétiens du Moyen-Orient. Le Vendredi saint est un jour de jeûne et d’abstinence.
Samedi Saint, Vigile Pascale
Silence et Vigile Pascale
Après avoir fait mémoire de l’ensemble des événements relatifs aux dernières heures de la vie de Jésus au cours de la Semaine Sainte, le Samedi Saint, l’Église tout entière est plongée dans le silence avant de fêter la résurrection du Christ au cours de la veillée pascale et le jour de Pâques. Avant de nous tourner vers l’aube de Pâques, le Samedi Saint, nous impose silence… Le silence du tombeau de Jésus où il repose. C’est dans ce silence que va éclater la gloire de la Résurrection du Christ.
Le Samedi Saint, seule la prière des heures est maintenue en Église, mais aucune messe n’est célébrée. Ce samedi est considéré comme un jour de veille et de confiance, suivant l’exemple de la Vierge Marie lors du « grand Sabbat » alors que le Christ gisait au sépulcre.
Le soir, la Vigile pascale a lieu entre le coucher du soleil du Samedi saint et le lever du soleil de Pâques. La procession de la lumière permet aux fidèles d’entrer dans l’église, alors plongée dans l’obscurité, et le nouveau cierge pascal est allumé. La liturgie de la Parole rappelle toute l’histoire du Salut et les catéchumènes reçoivent le baptême. On retrouve avec bonheur l’Alleluia et le Gloria. Les cloches des églises se remettent enfin à sonner pour le plaisir de tous.
C’est aussi durant cette veillée que les fidèles renouvellent les promesses de leur baptême, et aussi que sont célébrés les baptêmes d’adultes, les catéchumènes. À l’issue de leur chemin de catéchuménat, vécu depuis plusieurs années, cette nuit pascale constitue un sommet pour leur initiation chrétienne.
Déroulé de la Vigile Pascale
La liturgie de la lumière (Lucernarium)
Au début de la vigile, l’église est plongée dans l’obscurité. À l’extérieur, on allume un feu auquel est allumé le cierge pascal. Ce cierge représente le Christ, la lumière du monde. Le célébrant avance dans l’église encore sombre. Il s’arrête à trois reprises et proclame : « Christ, notre Lumière ! » Au moment où il arrive dans le chœur, toute l’église est éclairée par les bougies de l’assemblée qui ont été allumées à la flamme du cierge pascal.
La liturgie de la Parole
Lors de la vigile pascale, l’Église propose une relecture de l’histoire du salut depuis la création. Ainsi, les lectures tirées de l’Ancien Testament sont au nombre de sept, puis vient l’Épître de saint Paul aux Romains et enfin l’Évangile de la Résurrection. Les lectures sont entrecoupées de psaumes et d’hymnes.
La liturgie baptismale
La liturgie baptismale démarre par la Litanie des saints, par laquelle le peuple invoque l’aide de l’Église du Ciel. Ensuite, les catéchumènes proclament leur foi et reçoivent le sacrement du baptême, puis de la confirmation. Puis c’est au tour de l’assemblée de renouveler les promesses de son baptême en renonçant au péché. Le prêtre effectue l’aspersion, pour que l’assemblée soit lavée du péché et renaisse dans la mort du Christ.
La liturgie de l’Eucharistie
La liturgie de la veillée pascale culmine dans la célébration de la sainte Eucharistie. Les catéchumènes, désormais appelés néophytes, communient pour la première fois.
Dimanche de Pâques
Christ est ressuscité !
Le dimanche de Pâques est le jour de la Résurrection de Jésus. Nous célébrons la victoire de la Vie sur la Mort. Grâce au Christ la mort n’a plus le dernier mot. Un chemin d’espérance s’est ouvert.
Le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité ! La journée de Pâques est joyeuse et la liturgie en est l’image vivante. Beaux chants, fleurs et décorations viennent l’embellir. Lors de cette messe, on voit souvent un renouvellement des promesses baptismales et le prêtre bénit les fidèles en les aspergeant d’eau bénite.
Le dimanche de Pâques inaugure le temps pascal qui dure cinquante jours et se clôt avec la Pentecôte.
« Pâques » vient de l’hébreu pesah, signifiant « passage », et qui a été traduit en grec (paskha) et en latin (pascha).
La Pâque juive (au singulier) commémore le passage du peuple hébreu à travers la mer, alors qu’il est poursuivi par l’armée de Pharaon. Selon le père Yves Combeau, dans l’imaginaire biblique, la mer symbolise la mort. La Passion, la mort et la résurrection de Jésus se déroulent pendant la fête juive. Il fait alors son propre passage, de la mort vers la vie.
L’ajout d’un « s » à la fin de Pâques sert donc à différencier la Pâque juive de celle chrétienne. Cette différence permet aussi d’évoquer les différents moments commémorés, dans le christianisme, à ce moment de l’année : la Cène, la Passion, la mort du Christ puis sa Résurrection.
La Messe Chrismale
La Messe Chrismale reçoit cette appellation parce que c’est au cours de cette célébration que le Saint Chrême est consacré. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.
Avec le Saint Chrême qui est l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont bénites : l’Huile des catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands et l’Huile des Malades qui sert dans la célébration du Sacrement des malades.
La Messe Chrismale, célébrée par l’évêque, a lieu durant la Semaine Sainte : dans le rite catholique latin, la messe chrismale n’appartient pas, au sens strict, au Triduum pascal. Si elle a lieu le plus souvent le Jeudi Saint au matin, elle peut être transférée à un autre jour, pourvu qu’elle soit proche de Pâques. Beaucoup d’évêques, pour faciliter la participation des fidèles et des prêtres, choisissent un soir de l’un ou l’autre des jours saints, le lundi, le mardi ou le mercredi.
Au cours de cette messe qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son Évêque, les prêtres et les diacres renouvellent leurs engagements d’ordinations.
L’huile des malades (O.I. : Oleum infirmorum) qui, en cas de nécessité, peut être bénite par le prêtre au moment de la célébration, est le signe sensible utilisé dans le sacrement des malades. Elle procure le soulagement de l’Esprit Saint.
L’huile des catéchumènes (O.C.) donne la force du Saint-Esprit à ceux qui vont être baptisés et devenir les lutteurs de Dieu, à côté du Christ et contre l’esprit du mal.
Le saint chrême (S.C.) est une huile parfumée, utilisée pour les onctions de consécration : après l’immersion ou l’aspersion baptismale, sur le sommet de la tête ; au moment essentiel du sacrement de la confirmation, sur le front…
