Du 20 au 24 avril 2026, le diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes a proposé à tous les fidèles de vivre le pèlerinage diocésain au Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, accompagné par Michel Pansard.
Le pèlerinage rassemble des personnes de tous horizons : jeunes, familles, hospitaliers, pèlerins accompagnés, catéchumènes, confirmands ou fidèles engagés dans la vie paroissiale. Tous ont avancé ensemble dans une atmosphère marquée par la bienveillance, le service et la joie.
Cette année, le thème proposé invite les pèlerins à contempler Marie à travers les paroles de l’ange :
« Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. »
À travers cette méditation, chacun a été invité à réfléchir à son propre chemin de foi et à accueillir, comme Marie, un appel à la confiance.
Parmi les temps forts vécus durant le pèlerinage figurent :
- les célébrations eucharistiques,
- les processions mariales,
- les temps de prière à la grotte,
- les chants et veillées,
- L’onction des malades
- …
Pélérinage avec les hospitaliers
procession avec le saint Sacrement
messe d’ouverture
Le pèlerinage a mobilisé également de nombreux hospitaliers. Cette année, environ 120 hospitaliers ont accompagné cinquante pèlerins, ainsi qu’une soixantaine de jeunes répartis en plusieurs groupes. Leur mission consistait à aider dans les gestes du quotidien, accompagner les déplacements, être présents auprès des personnes fragiles et contribuer au bon déroulement du séjour.
Les journées commençaient souvent très tôt, dans une ambiance de prière et de recueillement. Les chants du matin, les moments de silence et la vie fraternelle donnaient au séjour une dimension profondément humaine et spirituelle.
Le pèlerinage diocésain à Lourdes demeure ainsi une expérience marquante, mêlant foi, fraternité, service et espérance, dans un lieu qui accueille depuis des générations des millions de pèlerins venus chercher réconfort, silence et lumière intérieure.
Sacrement des malades
L’attention aux personnes accompagnées est et reste l’élément capital qui oriente toutes les réflexions d’avant, au cours et d’après le pèlerinage à Lourdes. Ainsi, le sacrement des malades est proposé aux personnes atteintes par la maladie, fragilisées par le poids de l’âge ou vivant une épreuve physique ou socio-psychologique importante. Il est ouvert à tout chrétien catholique qui le désire, dans une démarche de foi orientée vers la grâce de la guérison. Les personnes intéressées s’inscrivent au préalable. A Lourdes, ce sacrement revêt un accent très particulier. Célébré dans la basilique Pie X, il est précédé du geste de l’eau. Ce geste fait de Lourdes le bassin de Siloé, dont l’eau servait à la guérison ( Jean 9,7). Les personnes accompagnées, installées au premier rang, visage remplis d’espoir, reflétant leur foi au Christ Jésus miséricordieux et compatissant qui, guérit toute infirmité. Identifiées par une écharpe blanche au cou, les personnes inscrites portaient déjà un signe d’une âme déchargée du joug de maladie et de lourdes épreuves.
Témoignages
Je ne souffre pas personnellement d’une maladie , pourtant je me suis inscrit à recevoir le sacrement des malades, car j’ai demandé à Dieu la grâce de guérison pour ma maman au pays loin de moi, souffrant d’une maladie neurodégénérative qui l’empêche d’effectuer des mouvements ordinaires, à travers moi. Et les heures qui ont suivi, ma sœur qui prend soin de la maman m’a appelé criant de joie : ton plan a marché, la maman a demandé sa canne et est sortie elle-même, seule et commençait par causer avec ses entourages. Ce qu’elle ne pouvait pas faire malgré les soins médicaux de plusieurs semaines. Pour moi c’est un miracle de Lourdes, affirmait ce chrétien hospitalier .
Bernard sur le sacrement des malades
Nadine
Il est six heures du matin…
Dans les locaux encore plongés dans la pénombre, une prière chantée vient doucement nous réveiller. Les voix montent lentement dans le silence du matin, comme une lumière discrète qui traverse la fatigue de la nuit. Pendant quelques instants, personne ne parle vraiment. Nous nous laissons simplement porter par ce chant, déjà tournés vers cette journée qui commence.
Très vite, je m’active pour savoir où être utile, avec qui servir, où proposer mes mains et ma présence. Je ne savais pas encore que ce pèlerinage allait bouleverser quelque chose en moi.
J’étais l’une des 120 hospitaliers présents cette semaine-là. Autour de nous, cinquante pèlerins accompagnés et une soixantaine de jeunes répartis en trois groupes vivaient eux aussi cette aventure humaine et spirituelle au cœur de Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes.
Ce service m’impressionnait.
Avec X, nous étions chargés de nous occuper de Madame Y. Je n’avais jamais fait cela auparavant. J’avais peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir aider correctement. Pourtant, très vite, quelque chose de simple s’est imposé : il ne s’agissait pas d’être parfait, mais d’aimer à la mesure de ce que je suis capable de donner.
Alors j’ai aidé comme je pouvais. Un geste après l’autre. Une présence après l’autre. Et contre toute attente, ce service m’a profondément touchée.
Je suis arrivée à Lourdes lourdement chargée par la vie quotidienne. Fatigue intérieure, préoccupations, tensions accumulées… Je portais beaucoup plus que mon sac. Pour être honnête, Lourdes ne représentait pas grand-chose pour moi avant ce départ. J’y allais sans attente particulière, presque par curiosité, sans imaginer ce que j’allais vivre.
Mais Lourdes travaille les cœurs dans le silence.
Au fil des jours, entre les services, les rencontres et les temps de prière, quelque chose s’est ouvert en moi. Une paix discrète. Une lumière intérieure difficile à expliquer avec des mots. Et surtout, une proximité inattendue avec Marie.
À plusieurs reprises, devant la grotte, pendant les processions ou au cœur des messes, j’ai senti une présence maternelle, douce et profondément consolante. Comme si, au milieu de toute ma fatigue, quelqu’un venait simplement me dire :
« Tu peux déposer ce que tu portes. »
Je suis arrivée épuisée.
Et pourtant, dans cette fatigue même, j’ai rencontré une forme de paix.
Je garde aussi le souvenir des personnes qui m’entouraient. Les hospitaliers, les jeunes, les pèlerins malades ou fragiles… Il y avait entre nous quelque chose de vrai. Une simplicité rare.
J’ai été touchée par les sourires malgré la souffrance. Par les regards pleins de foi. Par la force silencieuse de certaines personnes malades. Par cette joie inexplicable qui circulait malgré les fatigues de chacun.
Et puis il y a eu les messes.
Je crois n’avoir jamais vécu la prière avec une telle intensité. Les chants, les silences, les paroles de l’Évangile, la communion… tout semblait prendre une profondeur nouvelle.
Je ne suis pas revenue de Lourdes avec toutes les réponses. Je ne suis pas revenue transformée du jour au lendemain. Mais je suis revenue plus légère. Avec davantage de paix. Davantage de confiance. Et surtout avec cette certitude intérieure : même au cœur de nos fatigues et de nos combats, Dieu continue de nous rejoindre à travers les personnes, le service et la prière.
Ghislaine
