La veillée au Stade de France
Parmi les milliers de jeunes réunis ce soir-là, des catéchumènes venus de toute la France ont défilé. Trois d’entre eux, de notre secteur, racontent la veillée. Sélectionnés au cours de l’été après avoir été contactés par mail, les catéchumènes de la délégation ont préparé leur participation en lien avec le père Olivier Rousseau, du diocèse de Versailles, qui a assuré la coordination des échanges.
Le jour de la veillée, ils l’ont retrouvé dans un parc vers 16 h 30 afin de prendre connaissance du déroulement de la soirée. À leur arrivée, ils ont revêtu leurs écharpes violettes avant de rejoindre les coulisses, à proximité du plateau de France 2, où ils ont attendu leur tour. Ne pouvant assister à la première partie de l’événement, ils ont rejoint la veillée sous les applaudissements de la foule, avant de prendre place au premier rang pour en suivre la suite.
Margaux : Où en êtes-vous de votre cheminement de catéchumène et quel était votre rôle lors de la veillée ?
Virginie. Je suis en deuxième année de catéchuménat. Lors de la veillée, j’ai défilé avec plus de 250 catéchumènes venus de toute la France, pour représenter ces jeunes, de 18 à 35 ans, qui décident de suivre le chemin du Christ.
Auguste. Je suis en deuxième année de catéchuménat, pour recevoir les sacrements à la Vigile pascale.
Hélène. Je suis actuellement dans ma deuxième année de catéchuménat, et cela fait environ trois ans que j’ai commencé mon cheminement intérieur vers le Christ. J’ai eu la chance de faire partie de la délégation de 300 catéchumènes qui ont représenté tous les néophytes de France. Je suis très fière d’avoir incarné ce message de conversion et d’espérance.
Quand la venue du Pape en France s’est confirmée, quelle a été votre première réaction ? Et quand on vous a proposé de rejoindre la délégation, qu’avez-vous ressenti ?
Virginie. J’étais très excitée. J’ai ressenti cela comme un message, et je voulais le voir en personne. Lorsque j’ai appris que j’allais voir le Pape, j’ai pleuré de joie et de reconnaissance envers le Seigneur.
Auguste. Quand la venue du Saint-Père a été confirmée, j’ai compris qu’il y avait là quelque chose d’historique. Et à l’invitation à faire partie de la délégation des catéchumènes, je me suis senti véritablement privilégié, car cela n’arrive pas dans tous les parcours de catéchuménat.
Hélène. Ma première réaction a été de noter la date dans mon agenda, en me disant qu’il fallait absolument que j’y sois ! J’ai ressenti une joie immense de pouvoir participer à ce moment historique depuis un point de vue aussi privilégié que celui de cette délégation. J’ai d’abord eu du mal à croire que j’avais été sélectionnée, tout en étant très heureuse. Je me suis sentie vraiment chanceuse de pouvoir partager ma foi avec d’autres jeunes dans un événement de cette ampleur.
Quel souvenir gardez-vous de votre arrivée au Stade de France, au milieu de milliers de jeunes ?
Virginie. Une impression d’appartenance, celle d’appartenir à une communauté. C’était comme si je connaissais ces personnes depuis toujours. Nous étions tous liés par une seule chose, Dieu.
Auguste. Les sourires des gens lors de la procession m’ont véritablement marqué. C’était impressionnant de voir tant de visages nous sourire.
Hélène. Le souvenir le plus marquant pour moi a été la réaction du public, qui nous applaudissait et nous félicitait par des « Bravo ! » et des cris de joie quand nous sommes entrés. C’était très impressionnant de découvrir l’ensemble du stade tourné vers nous et d’être au cœur de ces réactions ! Cela m’a donné beaucoup de joie, de fierté et de force, car il y a très peu de chrétiens dans mon entourage proche.
Le Pape a dialogué avec des jeunes engagés, dont l’un a parlé d’anxiété et d’incertitude face à l’avenir, et il a évoqué le discernement. Qu’est-ce qui, dans ses réponses, a fait écho à votre propre cheminement ?
Virginie. J’ai trouvé la réponse du Pape très belle, et j’ai apprécié le ton et les mots qu’il a employés pour répondre à ce jeune. Ce qui a rejoint mon cœur, c’est le fait de distinguer clairement les choses et de prendre le temps de réfléchir à chacune, à chaque action, pour mieux les comprendre et les recevoir. Cela rejoint aussi mon cheminement, ce que l’on fera une fois baptisée, comment on le fera, comment se rendre utile pour la vie de l’Église.
Auguste. Le message d’espérance du Saint-Père.
Hélène. La question du discernement m’habite moi aussi au quotidien. Quel sens donner à mon travail, à mes relations, à mes engagements ? Lorsqu’il a évoqué la nécessité de discerner le chemin vers lequel nous voulons avancer, cela m’a rassurée qu’il nous rappelle que la Parole du Seigneur est la lumière qui doit guider nos choix de manière concrète au quotidien. Cela a raffermi en moi l’idée qu’il ne faut pas avoir peur, car Il marche à côté de chacun de nous.
Le Pape a appelé les jeunes présents « saints de France ». Qu’avez-vous éprouvé en entendant cela, en étant encore en chemin vers le baptême ?
Virginie. J’ai été très émue. Il nous a parlé avec le cœur en plus de la voix. J’ai senti sa sincérité et les espoirs qu’il a placés en nous.
Auguste. C’était un des moments les plus forts, à mon sens. Très encourageant !
Quel a été votre moment préféré de la soirée ?
Virginie. Même si j’ai apprécié chaque moment de cette veillée, ce que j’ai préféré, ce sont les temps de prière. Que 80 000 jeunes prient ensemble, dans le silence, accompagnés par le Pape, était un moment magique.
Auguste. Mon moment préféré a été les complies et la bénédiction reçue du Pape.
Hélène. J’ai beaucoup aimé les chants, particulièrement la « pop louange », mais aussi les chants plus traditionnels. J’ai aimé cette alternance des deux. J’aime le fait qu’ils permettent à l’assemblée de parler au Seigneur tous ensemble, d’une même voix et d’un même cœur.
« Pour que le monde ait la vie », qu’est-ce que cette phrase vous dit aujourd’hui, à ce stade de votre chemin ?
Virginie. Je sens que plus je me rapproche de mon baptême, plus une « nouvelle » personne, si je puis dire, est en train d’éclore à l’intérieur de moi, peut-être un cœur différent et de nouvelles façons de penser. Ce qui est sûr, c’est que je me sens grandir chaque jour avec l’Esprit du Seigneur en moi.
Auguste. Que la sainteté est proposée à tous.
Hélène. Par cette phrase, j’entends que le monde a besoin d’une culture de vie, de paix et d’amour. J’entends aussi qu’en tant que chrétiens, nous avons la chance de connaître Jésus, c’est Lui qui est la vie, et que c’est à nous d’incarner son message dans le monde, même si ce n’est pas facile.
