La visite du Pape vue par nos paroissiens
La visite du Pape en France a réuni des paroissiens venus de tout le secteur, chacun à sa place, chacun avec son histoire. Accompagnatrice de catéchumènes, catéchumènes, choristes ou bénévoles, ils racontent ce qu’ils ont vécu. À travers leurs témoignages, on découvre la richesse des façons de vivre cet événement.
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- Le témoignage de Sophie Hache, accompagnatrice de catéchumènes dans cet article, ci-dessous. Puis dans d’autres articles :
- Virginie, Auguste et Hélènes, catéchumènes
- Tom, choriste
- Maria, bénévole au Stade de France
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Un grand merci à Sophie, Virginie, Auguste, Hélène, Tom, Héloïse, Elisabeth et Maria pour leurs témoignages, leur disponibilité et le partage de leur expérience. Merci également à toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de cet article.
Témoignages recueillis par Margaux Monlucq pour l’équipe communication du secteur pastoral de Palaiseau.
Une rencontre pour le catéchuménat
À l’Institut catholique de Paris, avec Sophie Hache, accompagnatrice de catéchumènes.
« Une vraie qualité de présence, une vraie qualité d’écoute. »
L’intervention de Sophie Hache, accompagnatrice de catéchumènes, lors de la rencontre du Pape avec l’assemblée réunie autour du catéchuménat à l’Institut Catholique de Paris.
Alberto PIZZOLI – AFP
Sophie, quel était votre rôle ?
J’étais présente en tant que témoin, comme accompagnatrice de catéchumènes. J’entame ma onzième année d’accompagnement. Trois personnes ont témoigné : un catéchumène, un néophyte et moi-même, pour évoquer la dimension de l’accompagnement.
Quelle a été votre première réaction quand la venue du Pape en France s’est confirmée ?
J’étais très heureuse que le Pape vienne à Paris, notamment parce que, s’il s’était rendu dans une région éloignée, je n’aurais sans doute pas pu le voir. Nous avons également appris assez rapidement qu’il souhaitait rencontrer l’assemblée réunie autour du catéchuménat. Nous savions donc que nous pourrions le voir de près et vivre une véritable rencontre avec lui.
Comment s’est passée la proposition de témoigner ?
Toute l’assemblée était invitée à être présente, soit environ 330 à 340 personnes, évêques compris. L’Institut catholique de Paris était notre lieu de rassemblement et devait accueillir cette séance. Nous savions donc que nous pourrions tous être présents.
C’est seulement dans un second temps, en plein milieu de l’été, que l’on m’a proposé de rédiger un court témoignage. Plusieurs accompagnateurs avaient été sollicités, puis un choix devait être fait. À ce moment-là, je n’ai pas vraiment réalisé ce que cela impliquait. J’avais simplement un texte à écrire pour le lendemain, de 700 à 800 mots maximum. Je l’ai rédigé assez facilement, sans imaginer tout ce qui pouvait se passer ensuite.
C’est une dizaine de jours plus tard que l’on m’a annoncé que mon témoignage avait été retenu. J’ai alors commencé à prendre conscience de ce qui m’attendait. Je n’avais pas imaginé que l’événement aurait une dimension aussi officielle, ni qu’il y aurait des caméras. Je pensais que les témoignages auraient peut-être une place secondaire dans la rencontre avec l’assemblée. Jusqu’en septembre, je n’étais même pas certaine qu’ils auraient lieu sous cette forme.
Qu’a représenté cette rencontre pour vous ?
J’étais très impressionnée et émue. Je me suis aussi sentie investie d’une certaine responsabilité à l’égard des autres accompagnateurs. Nous nous sommes retrouvés en réunion et j’ai tenu à leur expliquer que si mon témoignage avait été retenu, ce n’était pas parce que j’étais une accompagnatrice exceptionnelle. Je pense simplement que j’avais répondu dans les délais. À travers moi, c’est donc tout le catéchuménat qui était représenté, reconnu et qui suscitait l’intérêt du Pape.
C’est très fort, d’abord, que les évêques aient réuni cette assemblée pour réfléchir ensemble et répondre au profond renouvellement du catéchuménat. C’est également très fort que le Pape ait souhaité rencontrer cette assemblée et qu’il s’intéresse au catéchuménat comme à un service d’avenir pour l’Église, en prenant véritablement la mesure de son importance. C’était à la fois très impressionnant et très touchant.
Comment avez-vous préparé votre intervention ?
Mon texte a été envoyé à Rome. On m’a demandé de le raccourcir légèrement pour qu’il tienne en trois minutes. Il devait ensuite être traduit, donc je ne pouvais plus y apporter de modifications. J’ai simplement coupé en deux une phrase qui me semblait trop longue à l’oral.
Lorsque j’ai compris que mon témoignage serait lu devant le Pape, je ne me suis pas mise à tout remettre en question. Cela m’a peut-être permis de conserver une certaine spontanéité. Je ne me suis pas vraiment mis la pression, en partie parce que je n’ai pas eu le temps de le faire !
Heureusement, nous avons eu une répétition la veille. C’était très utile pour nous familiariser avec le micro et prendre nos marques. Cela m’a permis de mettre le stress de côté, d’être pleinement présente et de vivre la rencontre comme une véritable rencontre.
Aviez-vous des réserves sur votre témoignage une fois celui-ci raccourci ?
J’ai reçu des retours positifs, mais je me suis tout de même demandé si mon témoignage était suffisamment compréhensible, puisqu’il était très court et composé de plusieurs petits fragments qui s’enchaînaient. Je me demandais notamment si des personnes extérieures pourraient bien en saisir le sens. En même temps, il n’était pas possible de parler pendant un quart d’heure. Avec trois minutes à disposition, je pense qu’il était préférable de conserver un texte assez spontané.
Qu’avez-vous perçu du Pape ?
J’espérais une véritable écoute de la part du Saint-Père, et c’est exactement ce que j’ai ressenti. Sur quatre journées, enchaîner autant d’activités et de déplacements est hallucinant. Pourtant, pendant notre rencontre, il faisait preuve d’une véritable qualité de présence et d’écoute. On voyait qu’il s’intéressait à notre assemblée.
Quel souvenir gardez-vous le plus particulièrement de cette rencontre ?
Pour moi, la rencontre elle-même constitue un moment à part entière. Mais si je devais retenir une image, ce serait le sourire du Pape.
Avez-vous ressenti l’action de l’Esprit Saint ?
Oui, notamment à travers les témoignages de Jawad et de Marielle. Ce sont les témoignages des catéchumènes qui nous montrent que l’Esprit est présent et à l’œuvre. Lorsqu’une personne témoigne sincèrement de sa démarche, cela ne peut que nous rappeler que l’Esprit souffle et agit. La force de l’Esprit, c’est d’être présent en chacun. Chaque personne est unique aux yeux de Dieu, et cela se voit dans les parcours : il n’y en a pas deux qui se ressemblent, pas deux personnes qui soient parfaitement superposables.
Que vous évoque la devise de ce voyage, « Pour que le monde ait la vie » ?
Je ne m’étais pas vraiment posé la question de savoir ce que cette phrase signifiait personnellement pour moi. Pendant la messe, je me suis plutôt demandé comment elle pouvait résonner auprès de toutes les personnes présentes, compte tenu de la diversité de leurs parcours.
Elle me fait penser à la théologie de saint Jean, notamment à cette formule : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Le mot « vie » est polysémique et peut recouvrir de nombreuses significations. Pourtant, dans cette expression, le chemin, la vérité et la vie sont trois mots qui paraissent très clairs. Je me suis donc demandé ce qu’ils pouvaient signifier et comment les interpréter. Je pense qu’il existe plusieurs lectures possibles.
Et la suite ?
Cette rencontre avec le Pape intervient en amont du travail de l’assemblée ecclésiale. Nous avons déjà commencé à travailler à partir de documents et mené une première réflexion avec notre évêque, mais les trois grands week-ends de travail sont encore à venir.
Je pense que la rencontre avec le Pape vient éclairer notre travail et souligner toute son importance. Il ne s’agit pas simplement de participer à des réunions ou de se parler : il s’agit avant tout de nous écouter. Le Pape nous rappelle ainsi à quel point cette mission est importante.
